Chapitre 6

La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?


 

 

 


M.A.J 9/06/2013



Auteurs cités : Bourdieu, Putnam, Latouche, Stern.




 

PLAN

 

 

I – Croissance économique, développement et bien-être

 

 

A – La croissance ne se confond pas avec le bien-être ou le développement

 

          B – Les ressources du bien-être

 

 

 

II – Le verrou écologique de la croissance

 

          A – Croissance économique et consommation de capital naturel

 

          B – Croissance économique et changements climatiques

 

 

III – Faire cohabiter croissance économique et développement durable

 

          A – Croissance économique et faible soutenabilité

 

          B – Croissance renouvelée et forte soutenabilité

 

 

   

 

 

I Croissance économique, développement et bien-être.



Rappels :


Développement : Transformation de structures démographiques, économiques et sociales, qui généralement accompagnent la croissance. On insiste sur l'aspect structurel, (industrialisation, urbanisation, salarisation, institutionnalisation), et qualitatif, (transformation des mentalités et comportement)


Développement durable : nouveau mode de développement officiellement proposé comme objectif à leurs états membres par la CNUCED, et la Banque Mondiale : il vise à concilier l'amélioration du bien-être des générations présentes avec la sauvegarde de l'environnement pour les générations futures. 

 


A – La croissance économique ne se confond pas avec le bien-être ou avec le développement

 

(documents 1 + 2 questions page 138)

 

Le PIB d’un pays peut augmenter sans que le niveau de santé augmente…Pour compenser ces écarts, les sociétés doivent augmenter leurs dépenses dites de réparation, (ou défensives) : ex : dépenses de santé

 

La croissance économique menace  l’existence de biens communs (comme le climat), et de biens collectifs, (comme les poissons).

 

 

Biens collectifs : qui sont non exclusifs, (il est impossible d’exclure le mauvais payeur), et non rivaux, (la consommation par l’un n’empêche pas la consommation par l’autre)

 

Biens communs : qui sont non exclusifs, (il est impossible d’exclure le mauvais payeur), et rivaux, (la consommation par l’un empêche la consommation par l’autre), exemple : poissons et coquillages

 

 

(documents 3 questions page 138 et document 4 + questions page 139)

 

L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable pour assurer la vie sur terre. Trois gaz jouent un rôle majeur dans ce processus (la vapeur d’eau, l’ozone et le dioxyde de carbone). Ils piègent dans l’atmosphère une partie du rayonnement solaire réfléchi par la terre et réchauffent l’atmosphère.

 

L’utilisation de l’énergie (charbon, pétrole) en très grande quantité contribue à relâcher du carbone (CO2) dans l’atmosphère (fumées d’usine, centrales thermiques). Le relâchement de ces gaz participe au réchauffement climatique.

 

En produisant des externalités négatives, la croissance empêche le développement et le bien-être du pays, à cause du coût des dépenses réparatrices qui n'iront pas à l'éducation, ni à la santé.

 

Lire « question de cours » page 139

 

 

B – Les ressources du bien-être.

 

(document 6 page 140 + questions page 140)

 

Mesurer le bien-être peut s’avérer délicat dans la mesure où il intègre des dimensions humaines, physiques, naturelles, sociales. Les indicateurs désirant le mesurer doivent donc être composites afin d’intégrer l’ensemble des notions qui y sont relatives.

 

 

(document 7 page 140 + questions page 140)

 

Ce bien-être, s’appuyant sur des capitaux naturels, humains, sociaux ou institutionnels qui facilitent le lien social, nécessaire à la cohésion sociale.

 

Capital humain : capacité physiques ou intellectuelles d’un individu ou groupe : il s’accroit avec les dépenses consacrées la formation et à la santé.

 

Capital naturel : ressources naturelles fournies par la terre : terrains, forets, eau, espèces….certaines sont renouvelables.

 

Capital social : réseau des relations d’un individu, véritable ressource pour optimiser son patrimoine ou son pouvoir.


- pour Bourdieu, ensemble des réseaux d'un individu, ressources idividuelles lui permettant d'optimiser sa position professionnelle, son patrimoine et son pouvoir.

- pour Putnam, le capital social s'appréhende plutôt au niveau macrosocial. il est une ressource collective, proche du lien social, favorisant la cohésion sociale.

 

Capital institutionnel : ensemble des institutions sociales, économiques, juridiques ou culturelles qui régulent les comportements individuels ou collectifs.

 

(document 9 page 141 + questions page 141)

 

Pour être durable le bien-être doit traverser les générations : ce sont les dépenses d’aujourd’hui qui faciliteront le bien-être des générations futures, notamment par la transmission du capital institutionnel.

 

 

Lire « question de cours » page 141

 

 

 

II Le verrou écologique de la croissance

 

 

A – Croissance économique et consommation du capital naturel.

 

(documents 10 et 11 + questions page 142)

 

Dans la mesure où notre croissance est directement liée à l’approvisionnement en énergie, et donc en ressources renouvelables, il semble difficile, compte tenue de l’appauvrissement de nos ressources, d’envisager une croissance continue.

 

Ainsi l’empreinte écologique, permet-elle d’étudier la compatibilité de la croissance avec les ressources naturelles de la terre.

 

Rappel

 

Empreinte écologique : surface productive exprimée en hectare globaux, (hag), nécessaire à une population pour fournir et renouveler les ressources naturelles prélevées pour la production, la consommation, et l’absorption des déchets.

 

C’est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature. L’indice est publié par une ONG, le World Wild Life Fund. Il mesure l’épuisement du capital naturel (forêts, eau, sols, atmosphère, climat, espèces vivantes) de la planète nécessaire pour satisfaire les besoins économiques d’une collectivité. Si la capacité biologique de la terre à se régénérer est à 100, les besoins de l’humanité sont à 120 en 2003.

 

On appelle intensité en ressources naturelles, la quantité de ressources naturelles nécessaire pour produire 1 euro de PIB.

 

On appelle intensité en ressources énergétique, la quantité de ressources d’énergie nécessaire pour produire 1 euro de PIB.


 

 

(document 12 + questions page 143)

 

Enfin, il semble incontournable désormais que la croissance économique génère des externalités négatives : d’une part parce que la bio-capacité de la terre diminue avec l’augmentation des ponctions faite par l’augmentation de la croissance démographique, ou encore de la diminution des terres labourables et forets, mais aussi par l’arrivée des pays émergents qui vont accroître leurs prélèvements sur les ressources, dégradant ainsi l’empreinte écologique qui dépasse désormais la bio-capacité de la terre.

 

Bio-capacité : capacité de la planète à  fournir et à renouveler son capital naturel, exprimé en hectares globaux. (hag)

 

Lire « question de cours » page 143

 

 

 

B – Croissance économique et changements climatiques.

 

 

Epuisement des ressources et dégâts environnementaux

 

(document 14 + questions page 144)

 

 

L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable pour assurer la vie sur terre. Trois gaz jouent un rôle majeur dans ce processus (la vapeur d’eau, l’ozone et le dioxyde de carbone). Ils piègent dans l’atmosphère une partie du rayonnement solaire réfléchi par la terre et réchauffent l’atmosphère.

 

L’utilisation de l’énergie (charbon, gaz, pétrole) en très grande quantité contribue à relâcher du carbone (CO2) dans l’atmosphère (fumées d’usine, centrales thermiques, pots d’échappement).

 

(documents 15 et  16 + questions page 144 et 145)

 

La corrélation entre croissance - PIB/habitant et les émissions de CO2 semble assez évidente, l’émission de CO2 augmentant également avec l’accélération des échanges internationaux puisque ces émissions sont faites soit, par les pays producteurs ou les pays consommateurs.

La croissance entraîne une utilisation d'énergie fossile, (gaz, pétrole, charbon).

 

Le relâchement de ces gaz participe au réchauffement climatique, pouvant augmenter la température de la terre de  15 degrés, alors que les conférences internationales des nations unies sur le climat, (Copenhague, Cancun et Durban) n’en toléraient que 2 .


L'émission de CO2 entraîne un ramolissement du permafrost qui laisse échapper le C02 emagasiné dans le sous sol, entrînant ainsi une augmentation de la température. Le danger serait encore plus grand si il y av ait libération de méthane dont la propriété de réchauffement est de 15 degrés.

 

Lire « question de cours » page 145

 

 

 

 

III Faire cohabiter la croissance économique et développement durable.

 

 

A – Croissance économique et faible soutenabilité.

 

(document  18 et 19 + questions page 146)

 

Pour assurer le bien-être des générations futures, plusieurs théories s’affrontent :

 

-       La théorie néo-classique, soutenue par l’OCDE et la Banque Mondiale, qui considère que la croissance peut détruire légèrement le capital naturel et l’environnement, à la condition que le stock de capital transmis continue de croitre : cela sous-entend toutefois que le progrès technique et l’accumulation de connaissances soit présent pour compenser la diminution du capital naturel et combattre l’intensité énergétique ou de ressources naturelles par l’apport de solutions techniques de substitution : il s’agit là d’une conception « faible » de la soutenabilité ou développement durable.

 

Soutenabilité ou développement durable : conception du développement qui vise à concilier la satisfaction présente du bien-être tout en préservant un stock de capital suffisant pour le bien-être des générations futures.

 

Le développement durable, intègre donc une approche économique, environnementale et sociale, puisqu’il doit se préoccuper de la biodiversité, du maintien des écosystèmes, d’assurer l’équité sociale, et améliorer l’efficacité économique.

 

La soutenabilité repose donc sur la croissance économique, la cohésion sociale et la préservation des ressources naturelles.

 

Lire « question de cours » page 147

 

 

 

 

 

 

B. Croissance renouvelée et forte soutenabilité

 

 

 

D’autres envisagent la décroissance (Nicholas Georgescu Roeggen, - Latouche)

 

 

(document 24 + questions page 149)

 

Le capital naturel ne peut, selon cette vision être remplacé par un capital artificiel : les différents stocks de capital naturel et artificiel doivent être complémentaires.

 

Le développement durable reposerait sur la décroissance, ou une croissance non fondée uniquement sur une approche quantitative du PIB ou sur les gains de productivité ».

 

La décroissance est un processus qui vise à faire décroître rapidement la consommation d’énergie fossile ou de matières premières non renouvelables grâce à une réorientation du système productif pour parvenir à cet objectif. Cela suppose des investissements massifs et un changement radical du comportement des consommateurs.

 

Conséquences économiques de la décroissance : tensions entre pays riches et pays pauvres, et sur le partage de la valeur ajoutée ; un ralentissement de la croissance économique (pour freiner la consommation d’énergie) alors même que des efforts d’investissements sont à financer ; des tensions sociales importantes si le partage des richesses se fait de manière inégalitaire

 

 

 

Lire « question de cours » page 149

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 7

Quels  instruments économiques

pour la politique climatique ?

 

 

M.A.J : 9/06/2013


Auteurs cités : Stern.

 

 

PLAN

 

 

I – Les fondements de la politique climatique

 

A – Pollution et défaillances du marché

 

         B – Les motifs et les modes d’action

 

 

 

II – Les instruments de la politique climatique en pratique

 

          A – La boite à outils des économistes

 

          B – Les conditions de mise en œuvre des différents instruments

 

 

III – L’articulation des politiques climatiques au niveau international

 

          A – Une construction lente et heurtée

 

          B – Engagements internationaux et politique nationale

 

 

 

 

I Les fondements de la politique climatique.

 

 

A – Pollution et défaillance du marché

 

 

(document 1 questions page 160)

 

Rappel :

 

L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable pour assurer la vie sur terre. Trois gaz jouent un rôle majeur dans ce processus (la vapeur d’eau, l’ozone et le dioxyde de carbone). Ils piègent dans l’atmosphère une partie du rayonnement solaire réfléchi par la terre et réchauffent l’atmosphère.

 

L’utilisation de l’énergie (charbon, gaz, pétrole) en très grande quantité contribue à relâcher du carbone (CO2) dans l’atmosphère (fumées d’usine, centrales thermiques, pots d’échappement), constituant ainsi une externalité négative.

 

Externalité : action économique qui a des effets sur des tiers sans que ces effets donnent lieu à un paiement ou à une transaction.

 

Cela résulte de la particularité des biens publics purs, dont tout le monde peut disposer sans pour autant n’en avoir de droit de propriété…

 

(document 2 questions page 160)

 

Puisque ces biens ne s’échangent pas sur le marché, et ne sont pas marchands, leur préservation nécessite l’intervention des pouvoirs publics.

 

(documents 3 et 4 questions page 161)

 

L’évolution du PIB montre clairement sa corrélation avec celle des émissions annuelles de carbone : l’enjeu de la politique climatique va donc consister a mettre en œuvre des instruments économiques destinés à modifier les comportements des individus, particulièrement les pollueurs dont on attend la réalisation d’investissements conséquents.

 

 

Lire « question de cours » page 161

 

 

 

B – Les motifs et les modes d’action

 

 

(document 7 questions page 163)

 

A défaut de prise de conscience et de modification radicale de nos modes de consommation et de production, la planète se trouvera exposée, à l’horizon des années 2050, à une multitude de risques variés :

 

-      Hausse niveau des eaux,

-      Pénurie alimentaire,

-      Réduction des surfaces cultivables,

-      Epidémies….

 

 

 

(documents 5 et 6 + questions page 162)

 

Pourtant un simple calcul montre que le coût de la politique de prévention (1% du PIB annuel  jusqu'en 2050), serait autrement plus rentable que la valeur actualisée de l’inaction…(5 à 20% DU PIB 2005 par an d'après le rapport STERN)

 

 

L’Etat va donc cherche à faire supporter le coût de la prévention, de la réduction de la pollution et de la lutte contre celle-ci par celui qui en est responsable  c’est le principe du pollueur payeur.

 

3 systèmes sont désormais possibles :

 

- le système réglementaire, s'appuyant sur la mise en place de normes,

- le système coasien, reposant sur la mise en place d'un marché de quotas d'émissions de CO2,

- le système pigouvien basé sur la mise en place de taxes environnementales, notamment la taxe carbonne.

 


(voir « question de cours » page 163)


 

 

 

II  Les instruments de la politique climatique en  pratique.

 

 

A – La boite à outils des économistes

 

 

(documents 8,9 et 10 questions page 164)

 

3 mesures sont généralement proposées par les économistes pour enrayer les émissions de gaz à effet de serre :

 

-      La réglementation, (ou politique de régulation), qui présuppose une transparence totale de l’information quant aux niveaux d’émission accepté. D’autre part une harmonisation des niveaux entre tous les secteurs peut s’avérer contre-productif pour certains d’entre eux, et dans tous les cas, onéreux pour sa mise en place.

 

-      La mise en place d’une taxe environnementale, (ou politique pigouvienne), destinée à frapper les consommateurs (en bonus ou malus) afin d’infléchir leur comportement de consommateurs.

 

(document 12 questions page 165)

 

-      Mise en place de marchés de quotas d’émissions, (ou politique coasienne), par l’attribution de droits échangeables à polluer aux entreprises. Faute de pouvoir investir dans des investissements lourds, les entreprises polluantes vont chercher à développer des techniques de production moins polluantes.

 

Marché de quotas d’émission : lieu d’échange entre offreurs et demandeurs de « droits à polluer », lesquels sont émis par la puissance publique et attribués aux agents économiques en fonction d’un niveau global de pollution tolérée.

 


 

Lire « question de cours » page 165

 

 

B – Les conditions de la mise en œuvre des différents instruments.

 

 

(document 13 + questions page 166)

 

 

Afin de réduire les gaz à effet de serre, les taxes ou marché de quotas sont préférables aux normes, chères et peu appliquées.

 

(document 14 + questions page 166 et 167)

 

L’Etat va donc devoir choisir entre taxation et émission de droits à polluer : le choix entre ces deux modes dépendant du motif :

 

En cas de niveau de pollution élevée, il faut privilégier le marché des quotas afin de réduire la pollution,

 

En cas de volonté de rentabiliser ou maîtriser le coût financier des émissions, il faut alors taxer.

 

Lire « question de cours » page 167

 



III  L’articulation des politiques climatiques au niveau international.

 

 

A – Une construction lente et heurtée

 

(document 18 questions page 168)

 

Le sommet de Rio en 1992 et la désignation d’un groupe d’experts va entériner la lutte contre l’émission de gaz à effet de serre comme étant l’une des priorités des autorités internationales….cependant la concrétisation d’objectifs quantifiés reste difficile et utopique, malgré les accords de Kyoto en 1997, cet accord n’étant applicable qu’à partir de 2005 aux pays développés et en transition, ce, jusqu’en 2012.

 

Remarque :

 

Le protocole de Kyoto : 188 pays se sont engagés en 1992, à Rio, contre les conséquences du réchauffement climatique : par un engagement contraignant de la réduction d’émission de gaz à effet de serre, ils ont formellement concrétise cette volonté lors de la réunion de Kyoto, par un protocole prévoyant la réduction de 5,2 % de ces émissions dans les pays industrialisés, ce, sur la période 2008-2012. Pour être ratifié, ce protocole doit au lin être signé par 55 pays, représentant 55% des émissions à effets de serres sur les pays signataires. Les Etats-Unis ont signé, mais ont dit qu’ils ne ratifieraient pas !

 

 

 

(document 19 questions page 169)

 

Deux obstacles principaux à l’atteinte de ces objectifs :

 

-      La réticence des pays développés, craignant de perdre leur compétitivité par une augmentation des coûts de remplacements des investissements.

-      La réticence des pays émergents, craignant ainsi, de par le surcoût, un frein à leur développement.

 

(documents 21, 22, 23  + questions pages 170 et 171)

 

Renégocié en 2012 par la conférence de Durban les accords de Kyoto sont effectivement reconduits pour 5 à 8 ans, mais les principaux pays tels la Chine, le Japon ou encore le Canada s’en retirent, les USA refusant toujours de les appliquer.

 

Lire « question de cours » page 171



 

B – Engagements internationaux et politique nationale

 

(document 25 questions page 172)

 

La relative bonne performance de la France dans l’émission de gaz à effet de serre provient de l’engagement De la France dans l’énergie nucléaire…..en fait, la France développe une pollution structurelle en matière d’énergies fossiles et n’a que peu développé, par rapport à ses partenaires européens, la fiscalité écologique.

 

Le Grenelle de l’environnement, initié en 2007 par le Président Sarkozy, va réunir l’Etat, des représentants de la société civile pour définir et mettre en œuvre les mesures en faveur de l’écologie, de l’environnement, et de l’aménagement durable : 268 engagements formels seront pris par le gouvernement, dont l’instauration de la taxe carbone nationale.

 

 

(document 27  + questions page 173)

 

Rehaussant les recettes fiscales environnementales dans le PIB français, il n’en demeure pas moins difficile de concilier équitablement cette taxe et celle des marchés de quotas qui existe également  frappant les entreprises doublement.

 

 

Lire « question de cours » page 173

 

 

 

 

 

 

Chapitre 8

Comment analyser la structure sociale ?

 

 

 

M.A.J : 9/06/2013


Auteurs cités : Marx, Weber, Bourdieu, Tocqueville, Mendras.


 

 

PLAN

 

 

 

 

I – Classes sociales, groupes de statut, CSP

 

A –Les analyses de Marx, Weber et Bourdieu

 

B – Les CSP, une certaine représentation de la structure sociale

 

 

II – La structure sociale en France aujourd’hui

 

          A – Les « classes » sociales aujourd’hui

 

          B – Des critères d’appartenance et de différenciation sociodémographiques

 

 



 

I Classes sociales, groupes de statut, CSP.

 

 

A – Les analyses de Marx, Weber et Bourdieu

 

(documents 1, 2 et 3 + questions page 186)

 

Classe sociale : groupe sociaux de grande dimension, en opposition et/ou complémentarité, né de la division du travail, des inégalités de conditions d’existence et des relations de pouvoir. Elles ont une existence de  fait et non de droit.

 

 

Karl Marx va définir la classe sociale de deux manières :

 

-      Une classe en soi, regroupant des individus ayant la même place dans le processus de production, et un mode de vie semblable.

 

-      La classe « pour soi », regroupant des individus conscients d’un esprit de classe, d’une unité collective, conscients des intérêts antagonistes des classes et des rapports conflictuels les opposant aux autres classes sociales.

 

Pour Karl Marx, la lutte des classes entre prolétariat et bourgeois constitue le moteur de l’histoire, et cette lutte, par la mondialisation, finira par s’internationaliser aussi. (l'internationale socialiste)

 

 

(document 5 + questions page 187)

 

Max Weber analysera la société autour de trois axes :

 

-      Un ordre économique, qui réparti inégalement les biens et services, engendrant ainsi l’apparition souvent inconsciente de classe sociale,

 

-      L’ordre social, qui définit des groupes de statut en fonction d’une distribution inégale du prestige….

 

-      L’ordre politique, qui a pour but de contrôler l’Etat et des pouvoirs, procurant ainsi un pouvoir supplémentaire à celui des classes sociales et groupes de statuts.


Pour Weber, l'ordre économique correspond aux sociétés post industrielles, l'ordre social correspondant plutôt aux sociétés pré-industrielles.

L'approche weberienne ne correspond qu'à la conception de "classe en soi" marxienne, la "classe pour soi" n'étant pas abordée.


 

 (documents 6, 7 + questions page 188 et page 189)

 

Pierre Bourdieu relativise le recours systématique aux classes sociales…il parle de classes en pointillées, de classes probables….Pour lui ce sont les capitaux économiques, social et culturel et l’expérience qui vont influencer nos pratiques sociales : il parle alors d’habitus.

 

 

 Pour Bourdieu, la position de l'individu dans l'espace social ne définit que les classes théoriques. Pour passer aux classes réelles; il faut qu'il y ait un travail de construction identitaire. exemple : l'adhésion à un parti politique.

 

Capital culturel : ensemble des ressources accumulées et transmises partiellement des parents aux enfants :


-      Le capital incorporé (langage, capacité intellectuelles, savoirs et savoirs faire,)

-      Le capital objectivé, (possession d’objets culturels),

-      Le capital certifié, (diplômes)

 

 

Capital social : réseau de relations d’un individu pour optimiser sa position professionnelle, son patrimoine, son pouvoir.

 

IL distinguera 3 regroupements de classes :

 

-      Des classes supérieures, (ayant une culture légitime),

-      Des classes moyennes, cherchant  à acquérir cette culture légitime à l’école,

-      Des classes populaires, qui font des choix du nécessaire….

 A chaque fois, le capital prédominant, (économique, social ou culturel) diffère…..

 

 

 

Lire « question de cours » page 189

 

 

B – Les CSP : une certaine représentation de la structure sociale

 

                         

Il faut distinguer les classes sociales, (regroupement sociologique) des catégories socio professionnelles, (outils statistiques).

 

Catégorie socio professionnelles : regroupement d’individus en groupes homogènes selon le statut, le métier, la qualification, et la position hiérarchique. La refonte des CSP  en PCS, en 1982, a conduit à déterminer 24 postes de CSP dont 19 pour les actifs, voire même 42 dont 32 pour les actifs.

 

Professions et catégories socio professionnelles : à partir de la notion des CSP, l’INSEE va préciser et définir la notion de PCS, classant les individus à partir de critères plus vastes, tels les métiers, les secteurs d’activités, la taille de l’entreprise, la nature de l’employeur, le niveau de qualification, la position hiérarchique ou encore le prestige….

 

(documents 10 +  point « notion » + questions page 190)

 

Concrètement depuis le début du XX siècle, les agriculteurs, diminuent, rejoints à partir des années 1970 par les ouvriers et chefs d’entreprises.

 

 

 

 

 

(document 11 + questions page 190)

 

Les CSP témoignent bien des inégalités économiques mais aussi socio-culturelles...et illustrent certaines évolutions de la structure même de la société, telles la tertiarisation, la féminisation, la salarisation, la hausse des qualifications ou encore la précarisation pour certaines catégories.

 

 

 

(document 12 + questions page 191)

 

Difficile toutefois de comparer les CSP, qui sont des regroupement homogènes établis à des fins statistiques uniquement alors que les classes sociales correspondent à des regroupement de groupes sociaux en fonction de complémentarité ou d’opposition.

 

Les CSP peuvent toutefois présenter une approche marxienne, (par l'appartenance politique), ou wébérienne, (par l'ordre économique) ou encore de Bourdieu, (par rapport aux classes supérieures, moyennes et populaires).

 

 

Lire « question de cours » page 191

 

 

 

II La structure sociale en France aujourd’hui.

 

 

 

 

A – Les classes sociales aujourd’hui

 

(documents 14, 15 et 16 + questions page 192)

 

Rappel :

 

La culture de classe à tendance à disparaitre : d’une part par l’élévation des niveaux d’étude et du niveau social, mais aussi par la disparition de l’identité ouvrière et de la conscience de classe, longtemps soutenues par les syndicats notamment par le PCF.

 

Mais la disparition de la classe ouvrière tient aussi au fait de la disparition du nombre même d’ouvriers dans les grands bastions industriels, noyant ainsi cette population vers la classe de leurs nouvelles affectations professionnelles telles les employés, ou vers celle de leurs conjoints (augmentation des mariages entre différentes catégories sociales).

 


(documents 18 et 19 page 193)

 

Finalement, la classe « bourgeoise », aujourd‘hui « dirigeante » est celle qui réussit à se mobiliser le mieux, au travers de moyens nombreux et variés tels les cercles, clubs, rallyes, lieux d’habitation fermés), permettant ainsi à leur groupe social de se reproduire et de garder leur influence dans les différents niveaux du pouvoir privé, (entreprises), ou public, (Etat).

 

 

 

(documents 20, 22 + questions page 194) :Des catégories populaires en recomposition.

 

 La disparition de la classe ouvrière est un événement. Elle signifie la disparition d’une certaine forme d’actions et de représentations.

 

 

 

Une tendance à la "moyennisation" de la société.

 

 

 

  

C’est Alexis de Tocqueville, qui au XVIII siècle envisagera le premier une moyennisation de la société due :

-      à la possibilité de mobilité sociale née des différentes révolutions,

-      à la tendance à l’uniformisation des niveaux de vie,

-      à la disparition du sentiment d’appartenance à un groupe spécifique.

 

Henri Mendras, au XX siècle schématisera cette moyennisation par « la toupie », illustration de la poussée des classes moyennes, (cadres), notamment grâce à la tertiarisation.

 

 


 Chauvel établi une nomenclature des classes moyennes structurée comme celle de Bourdieu, mais en intégrant la notion d'ancienneté.



(documents 23 et 24 + questions page 195)

 

La moyennisation de la société est toutefois à relativiser puisque  sentiment d’appartenance à une classe sociale reste encore très présent chez certaines catégories…..

 

Lire « question de cours » page 195

 

 

 

B – Des critères d’appartenance et de différenciation sociodémographiques

 

(documents 25,26, et 28  questions pages 196 et page 197)

 

Aujourd’hui moyennisation, remise en cause des CSP ou classes sociales et la généralisation de certaines pratiques sociales et culturelles mettre en évidence l’importance d’autres critères d’appartenance ou de différenciation, tels l’âge, le sexe, le lieu d’habitation, la structure familiale, la différence public/privé, indépendant/salarié, précaire/stable…….

 

 

Lire « question de cours » page 197

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 9

Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

 

 

 

 

M.A.J : 9/06/2013



 Auteurs cités : Anderson, Durkheim, Bourdon,, Bourdieu.

 

 

 

PLAN

 

 

 

 

I – comprendre la mobilité sociale : définitions, composantes et évolutions.

 

 

A –Différentes formes et mesures de la mobilité

 

B – De l’espoir d’une mobilité ascendante à la peur du déclassement.

 

C – Une mobilité sociale différente selon les générations et les CSP.

 

 

 

II – Expliquer la mobilité et la reproduction sociale

 

          A – Démocratisation scolaire et réduction des inégalités

 

          B – Regards de sociologies sur le système scolaire et l’égalité des chances

 

 C – Le rôle de la famille dans la destinée sociale

 

 

  

 

 

I Comprendre la mobilité sociale : définitions, composantes et évolutions..

 

 

 

A – Différentes formes et mesures de la mobilité.

 

 

(document 1, point « outil » page 208 et point « notion » page 209 +  questions)

 

La mobilité sociale est un changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie, (mobilité intra générationnelle) ou par rapport aux générations précédentes, (mobilité inter générationnelle)

 

Trois styles principaux de sociétés existent :

 

- les ordres,  la position est héritée. 

 

- les castes, groupe social héréditaire fermé, ayant des fonctions propres, (religieuse, juridique ou économique) ou l’idée même de mobilité est repoussée idéologiquement : la position nous est « assignée »

 

- les classes sociales, (groupe sociaux de grandes dimensions, nés de la division du travail, des inégalités de conditions d’existence, de relations de pouvoir. Elles ont une existence de fait et non de droit. Les individus peuvent, personnellement ou par leurs ascendants, en franchir les limites : la position est « acquise ».

 

Différents types de mobilités peuvent ainsi être différenciées :

 

- la mobilité horizontale, (changement de profession en gardant le même statut)

- la mobilité verticale, (changement ascendant ou descendant du statut social).

- la mobilité intra-générationnelle, (ou mobilité professionnelle)

- la mobilité intergénérationnelle, (ou mobilité sociale)

 

La mesure de la mobilité va donc se faire à partir d’une table de mobilité sociale.

 

Il peut s’agir d’une table :

 

-      de recrutement, en calculant les pourcentages à partir d’effectif figurant sur une même colonne,

-      de destinée, en calculant les pourcentages à partir d’effectifs figurant sur une même ligne.

 

Un exemple de table de mobilité

 

 

Un exemple de table de destinée : parmi 100% des pères agriculteurs, 39,9 % ont un fils employé.

 

La table de recrutement : parmi 100 % d'enfants agriculteurs, 2 % ont un père artisan.

 

Si, dans une table de recrutement, la diagonale présente les chiffres les plus importants, on parle alors d’autorecrutement puisque, pour une population d’enfants donnée, la majeure partie d’entre eux provient de pères ayant la même catégorie sociale…

 

Si, dans une table de destinée, la diagonale présente les chiffres les plus importants, on parle alors d’hérédité sociale puisque, pour une population de parents donnée, la majeure partie de leurs enfants aura la même catégorie sociale…

 

 

Globalement, la mobilité observée est faible : la société française est peu mobile, et quand elle existe, les trajets sociaux sont courts (la mobilité à courte distance est plus fréquente que celle à longue distance ». R. Boudon), et ne concernent que les classes moyennes. Pour constater la mobilité, il faut observer deux ou trois générations.

 

Mobilité observée, mobilité mesurée par les taux absolus de mobilité : elle englobe la mobilité nette et la mobilité structurelle.

 

Mobilité brute - mobilité structurelle = mobilité nette

 

(document 2 + questions page 209)

 

De plus, l’utilisation des tables de mobilité présente certaines limites.

 

-      Le revenu n’intervient pas, statistiquement, dans l’observation de la position sociale d’un individu :

 

-      la profession principale, et le statut de salarié ou non salarié par contre, seront pris en compte.

 

-      Il s’agit donc plus d’une nomenclature socio professionnelle que d’une nomenclature de classes sociales

 

-      Les critères d’appréciation ne sont pas restés stables durant les 90 dernières années :

 

-      Dernière limite, les échantillons retenus n’intègrent que les hommes de 40 à 59 ans, représentatifs par rapport à leurs positions sociales.

 

Lire « question de cours » page 209

 

 

 

B – De l’espoir d’une mobilité ascendante à la peur du déclassement.

 

 

 

Mobilité observée, (ou mobilité brute) mobilité mesurée par les taux absolus de mobilité : elle englobe la mobilité nette et la mobilité structurelle.

 

Mobilité structurelle : mobilité liée aux changements de structure sociale.

 

Mobilité nette, (ou fluidité sociale), mobilité mesurée par les taux relatifs de mobilité.

 

Déclassement : descente d’un individu dans l’échelle sociale : il peut être intergénérationnel, intra générationnel, ou scolaire.

 


(document 5 + questions page 210)

 

Pour les générations sociales nées dans les années 50, la fluidité sociale, (mobilité observée – mobilité structurelle) est importante, tant pour les classes moyennes que les classes populaire. On parle alors de mobilité sociale ascendante,  (exemple : changement personnel de travail),  c'est à dire des mouvements entre groupes motivés par des raisons autres que structurelles….

 

 

 

 

Pendant les 30 glorieuses par contre, de par l’impact du progrès technique sur l’évolution des différents secteurs d’activité, l’on a assisté à une migration des individus vers les secteurs industriels et surtout tertiaire….on a alors parlé, pour cette période, d’une mobilité structurelle puisqu’il s’agissait en fait d’un changement de structure sociale qui a occasionné la mobilité : celle-ci était donc structurelle, et ascendante puisqu’ accompagnée par l’évolution sectorielle de la société française. (diminution de l’agriculture, diminution des commerçants, augmentation des cadres et prof intermédiaires)

 

 

 

(documents 6, 7 + questions page 210 + document 8 page 211)

 

La conjoncture économique et le chômage ravive la peur du « déclassement » c’est-à-dire d’une chute dans l’échelle sociale…ce déclassement peut prendre la forme de déclassement intergénérationnel, intra générationnel ou scolaire, poussant les individus à essayer de contrecarrer cette perspective par une course aux diplômes…

 

 

 

La probabilité de déclassement chez les catégories non héritière de capital culturelle est plus importante. (Pierre Bourdieu). Il existe deux types de déclassement : le déclassement intergénérationnel, et le déclassement professionnel.

 

 

Lire « question de cours » page 211

 

 

C – Une mobilité sociale différente selon les générations et les CSP.

 

(document 10 + questions page 212 + document 12 + point « notion’ + questions page 213)

 

Globalement le nombre d’ascendants est supérieur à celui des descendants, il se produits ce que le sociologue américain Charles Anderson a étudié est porte désormais son nom : le paradoxe d’Anderson : à savoir certains enfants ayant un niveau scolaire supérieur à celui de leurs parents occupent une position sociale inférieure, sachant également à l’inverse qu’un nombre d’enfant ayant un niveau scolaire inférieur à celui de leurs parents occupent une position sociale supérieure.

 

L'ascenseur social s'est grippé. Les principales causes de ce ralentissement sont :


- la compétition scolaire accrue,

- la diminution du nombre de postes aux concours,

- la ségrégation urbaine,

- une culture lycéenne qui s'éloigne de la culture légitime.


 

Les perspectives sont toutefois meilleures pour les générations nées dans les années 70-80, de par le développement des emplois tertiaires et la multiplication des postes de cadres, mais aussi avec le départ du marché du travail de la génération des babyboomers, libérant ainsi nombre de postes facilitant l’ascenseur social.

 

 

Lire « questions de cours page 213

 

 


II expliquer la mobilité et la reproduction sociale..

 

 

A – Démocratisation scolaire et réduction des inégalités.

 

(documents 13 et 14 + questions page 214)

 

Outre la mobilité structurelle, d’autres facteurs expliquent la mobilité sociale. - l’école puisque la durée des études s’allonge, le diplôme devient essentiel, la démocratisation quantitative de l’école est plus que présente, rendant celle-ci fondamentale dans le processus de mobilité.

 

L’école est donc essentielle : en quoi l’école favorise-t-elle la mobilité sociale ?

 

L’école s’est démocratisée : ouverture à l’ensemble de la population, mixité sexuelle à tous niveaux des cursus, on peut même parler de massification…..ceci provient en partie par la volonté de démocratiser l’école afin de favoriser l’égalité des chances.

 

Ainsi, plans et réformes du système éducatif ont, par la mise en place de « tronc commun », et d’objectifs élevés de réussite au baccalauréat, démocratisé l’école.

 

(documents 15 et 16 + questions page 215)

 

Mais les inégalités selon l’origine sociale persistent : même si, de par le processus de démocratisation, l’accès à l’école est plus ouvert, et donc même si la sélection se fait de plus en plus tard, elle reproduit de toutes façons les mêmes inégalités sociales: l’on parle même de démocratisation « ségrégative »

 

Finalement l’ascenseur social semble être grippé. Le diplôme est de plus en plus important, même si l’avantage financier qui en résulte n’existe pas. D’où l’effet pervers analysé par Raymond Boudon, à savoir la dévalorisation des diplômes des cycles « démocratisés », et la reproduction des inégalités sociales dans les cycles non démocratisés du fait de l’allongement de la durée des études. La démocratisation du processus d’éducation, ou l’inflation scolaire, génère un processus de déclassement.

 

Lire « questions de cours » page 215

 

 

B – Regards des sociologues sur le système scolaire et l’égalité des chances.

 

(document 17 + questions page 216)

 

Emile Durkheim voit en l’école la source réelle de l’égalité des chances, n’autorisant ainsi qu’une seule inégalité : l’inégalité méritocratique. 

 

 

 Elle inculque les normes qui favorisent la cohésion sociale.

 

(document 18 + questions page 216)

 

Pierre Bourdieu expliquera ainsi l'habitus, « la prédisposition, socialement conditionnée, à s’adapter aux modèles, aux règles et aux valeurs qui régissent l’école, (tout cet ensemble de facteurs qui font que l’on se sent ‘à sa place’ ou ‘déplacé’ à l’école et que l’on y est perçu comme tel), détermine, toutes aptitudes égales par ailleurs, un taux de réussite social inégal selon les classes sociales ». Il s’oppose donc la vision de Durkheim, mettant en avant l’importance du capital notamment culturel, justifiant ainsi la diversité des réussites scolaires. Les inégalités sociales sont donc pour lui reproduites, l’enseignement correspondant à une culture  des classes supérieures, ce qui défavorise donc les classes populaires et reproduit les inégalités sociales.

 

Bourdieu dit que l'école reproduit les inégalités sociales : c'est donc strictement l'inverse du  principe de,la méritocratie.

 

(document 19 + questions page 216)

 

 

Raymond Boudon, Sociologue distingue toutefois les stratégies familiales en fonction des origines sociales :

Plus la classe sociale est basse, plus les coûts socio-économiques sont élevés, alors que les avantages anticipés à une scolarité supplémentaires sont plus faibles.

 

Le diplôme est de plus en plus important, même si l’avantage financier qui en résulte n’existe pas. D’où l’effet pervers analysé par Raymond Boudon, à savoir la dévalorisation des diplômes des cycles « démocratisés », et la reproduction des inégalités sociales dans les cycles non démocratisés du fait de l’allongement de la durée des études et du cout des études. La démocratisation du processus d’éducation, ou l’inflation scolaire, génère un processus de déclassement.

 

(document 20 + questions page 217)

 

Finalement le capital social joue un rôle primordial dans la compétition scolaire, mais profite surtout aux catégories aisées, limitant ainsi la méritocratie.

 

Lire « questions de cours » page 217

 

 

 

 

 

 

C – Le role de la famille dans la destinée sociale.

 

(documents 22, 23 + questions page 218)

 

 

La famille influence la réussite scolaire des enfants.

 

A partir de 1960, la conjonction « école unique » et emplois qualifiés, propulsent le diplôme comme principal déterminant de l’emploi. Il en est résulté une intensification de l’investissement scolaire, (cours particuliers, suivi des notes, du travail à la maison) particulièrement dans les milieux défavorisés.

Il n’empêche que le nombre d’enfants, tout comme la structure même de la famille peut favoriser ou non la réussite scolaire, celle-ci étant par exemple moins forte dans les familles recomposées ou monoparentales.

 

(documents 25 + questions page 219)

 

Le choix du conjoint favorise la reproduction sociale : en effet l’homogamie est forte…..

 

 

 

(documents 26 + questions page 219)

 

Heureusement, et même si les inégalités sont favorisées par la transmission de capitaux économique social et culturel, il arrive fréquemment que des taux de réussite scolaire supérieurs soient enregistrés auprès des familles modestes, celles-ci ayant des aspirations de réussite supérieures  à celles des familles de milieu supérieur.


Il pourrait y avoir une recherche rationnelle de conjoint en fonction de  critères religieux, ethniques, politiques, favorisant une homogamie communautaire. Il peut ainsi se passer une hypergamie, (conjoint d'un milieu social plus élevé), ou une hypogamie, (conjoint d'un milieu social moins élevé). 

 

Lire « question de cours » page 219

 

 

 

 

 

Chapitre 10

Quels liens sociaux dans une société ou s’affirme le primat de l’individu ?

 

 

 

M.A.J : 9/06/2013



 Auteurs cités : Durkheim, Weber, Foucault, Paugam, Castel

 

 

 

PLAN

 

 

 

 

I – Lien social et pérennité d’une société.

 

A –De la société traditionnelle à la société moderne.

 

B – Les facteurs de la cohésion sociale.

 

 

 

II – Le délitement du lien social dans les sociétés contemporaines

 

          A – La mesure de la rupture du lien social

 

          B – Un processus de cohésion sociale affaibli

 

 

III – Un lien social en recomposition

 

          A – Les instances de socialisation renouvellent leur fonction intégratrice

 

          B – De nouveaux liens de sociabilité se font jour.

 

 

 

 

 

I Lien social et prérennité d’une société..

 

 

A – De la société traditionnelle à la société moderne.

 

 Pour Weber, il y a deux formes de relations dans la société :

 

- la communalisation, ou l'existence d'un groupe se justifie par un sentiment subjectif qui en justifie l'appartenance,

- la sociation, qui aboutit a des échanges entre les communautés,compromis d'intérêts personnels en faveur d'intérêts communautaires.

 

 

(document 2 point « auteur » page 230 et point « notion » page 230 +  questions)

 

 

Pour Durkheim, la société du début du XX siècle, est passée d’une société ou les liens individuels étaient similaires à une société ou les fonctions sont différenciées et complémentaires. (division du travail)

 

La ressemblance des consciences individuelles et une forte conscience collective via un ensemble de croyance et de sentiments communs, la solidarité mécanique, va faire place à une différenciation des consciences individuelles et une faible conscience collective, la solidarité organique.

 

Seule la division du travail, assurant la solidarité entre les individus  va pouvoir assurer la cohésion sociale.

 

Solidarité mécanique : forme de cohésion sociale dans les sociétés traditionnelles, caractérisée par une très faible  division du travail et fondée sur la similitude entre les membres : valeurs, croyances sont identiques, unissant mécaniquement les individus.  La cohésion sociale est donc assurée, plus par la conscience collective, (croyance et sentiments communs à un groupe), plus que par les individualités qui ne sont pas développées.

 

Solidarité organique : solidarité typique des sociétés industrielles ou croyances et fonctions sont fortement différenciées. Par la spécialisation, les individus sont obligés de développer leur personnalité individuelle.

 



 

L’individualisme, est-il une menace pour la cohésion sociale ?

 

Différents éléments annoncent le retour à l’individualisme : diminution de la participation électorale, de la syndicalisation, de l’implication en politique concept de client et non plus d’usager, etc…

 

 

Michel Foucault distingue trois formes d’individualisme :

- l’attitude individualiste, qui résulte de la valeur absolue qu’on accorde à l’individu comme entité singulière.

- La valorisation de la vie privée, (famille, patrimoine)

- L’intensité des rapports à soi, point de départ de ses propres corrections pour évoluer. ( connaissances, physique)

 

Historiquement, l’ancien régime se caractérisait par une société fondée sur une organisation hiérarchisée d’entités collectives, (familles, corporations, les trois ordres… ). Dans cette société de type holiste, l’individu ne se conçoit que par son appartenance à un groupe.

La société actuelle est devenue individualiste.

 

 

 

 

Lire « question de cours » page 231

 

 

 

B – Les facteurs de la cohésion sociale.

 

(document 5 page 232 +  questions)

 

 

Certaines instances de socialisation comme la famille, l’école, l’Etat ou encore la religion vont permettre de créer un lien social par la transmission de croyances et de valeurs communes fortes, favorisant la cohésion sociale.

 

D’autres institutions comme les réseaux de sociabilité sont moins formelles tels les pairs, internet, le travail ou le tissus associatif vont également contribuer à la cohésion sociale.

 

Socialisation : processus par lequel les individus font l’apprentissage des rapports sociaux en intériorisant les normes, valeurs et croyance d’une société.

 

Sociabilité : individus ou groupes qui tissent des réseaux entre eux, pour faire circuler des informations exprimant leurs intérêts, goûts, opinions….

Lien social : tout ce qui lie des individus d’un même groupe social, et les rend solidaires, objectivement ou subjectivement : culture, concitoyenneté, indépendance économique).

Cohésion sociale : force des liens sociaux unissant un groupe social.


(documents 6 page 232 +  questions)

 

Durkheim aborde la socialisation sous deux angles :

 

1) un processus d’intégration, qui concerne la façon dont le groupe social intègre l’individu, Et un second processus,

2) celui de la régulation, qui harmonise les comportements, sous le contrôle d’une hiérarchie sociale : d’où l’importance de la société par rapport à l’individu dans l’analyse sociologique de Durkheim, puisque pour lui, le social domine l’individu. La famille conjugale, plus repliée sur le domestique et l’affectif, en coupant l’individu de la société, risquait d’engendrer de l’anomie. C’est donc pour lui la solidarité sociale qui favorisait la cohésion sociale, même si aujourd’hui, de par la marginalisation, la ségrégation territoriale et l’exclusion, le rôle de cohésion sociale de la société, annoncé par Durkheim est fortement contesté.


La famille conjugale a abandonné des fonctions traditionnelles telles l'éducation et la santé pour se spécialiser dans la socialisation et le soutien affectif des adultes et enfants.

 

Anomie : absence de règle…..Chez Durkheim, l’anomie désigne une situation anormale où l’individu n’est plus tenu par la société et risque de s’effondrer jusqu’au suicide.

Exclusion : état sociologique, inverse de l’intégration : on peut être exclu sans être pauvre.

Pauvreté: état économique d’un individu dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

Seuil de pauvreté : défini en France par l’INSEE comme étant égal à 50% du niveau de vie médian.

 

Lire « question de cours » page 233

 

 

  

II Le délitement du lien social dans les sociétés contemporaines..

 

 

A – La mesure de la rupture du lien social.

 

(documents 10, 11 et 12 , point « notion » pages 234 et 235 +  questions)

 

L’anomie, c’est-à-dire l’absence de règles sociales avait déjà été soulignée par Durkheim comme risque majeur pour nos sociétés contemporaines….

 

Le lien social se détruit. Concrètement, plusieurs éléments permettent de le constater :

-      La hausse du chômage,

-      L’augmentation du nombre de divorces,

-      L’augmentation de la pauvreté,

-      La baisse de la participation aux institutions religieuses,

-      L’augmentation du nombre de jeunes sans diplômes quittant le système scolaire.

 

Toutes ces formes d'évolution de la société entraînent une diminution du lien social....

 

 

Lire « question de cours » page 235

 

 

B – Un processus de cohésion sociale affaibli


 

(documents 14 et 15 page 236 et 237 +  questions)

 

Les mécanismes d’intégration sont affaiblis :

 

L’entreprise ne joue plus le rôle intégrateur de premier plan qu’elle exerçait jusque dans les années 1980. En effet l’apparition de la précarité et de la flexibilité ont atténué l’importance de son rôle. Serge Paugam mettra au jour  le principe de la disqualification sociale. R. Castel parlera quant à lui de la désaffiliation sociale.

-      La fragilisation du lien conjugal, limitant la capacité intégratrice de la famille, surtout pour les familles monoparentales.

-      Individualisation des pratiques religieuses, plutôt que de pratiquer dans les institutions religieuses….

-      L’école qui, à défaut d’inculquer des normes et valeurs communes, entretient de plus en plus l’apparition de sous culture….

-      L’Etat qui n’arrive pas à faciliter l’intégration

 

Il en résulte donc une crise de la cohésion sociale, entrainant une baisse dans la confiance dans les rapports sociaux et moins de partage de croyances et de sentiments.


Désaffiliation : processus de rupture progressive des liens sociaux, menant à l'exclusion sociale.


Disqualification : processus de privation de qualification et de refoulement hors du marché du travail.

 

Lire « question de cours » page 237

 

 

 

III Un lien social en recomposition..

 

 

A – Les instances de socialisation renouvellent leur fonction intégratrice.

 

(document 16 page 238 +  questions)

 

 

Les grandes mutations supportées par la famille, l’école ou l’entreprise mettent-elles en péril la cohésion sociale ?

 

 Le rôle intégrateur de la famille a changé : La famille s’est radicalement transformée : Les adultes ne constituant plus le paravent salvateur pour les enfants, c’est à l’Etat qu’incombe ce rôle de « méga protecteur »

 

Sociologues et psychologues s’inquiètent de cette situation : Ce sont en fait les facteurs relationnels, plus que les facteurs structurels qui influenceront ces conséquences : la délinquance des enfants résulte donc plus de conflits graves dans le couple, plus qu’une séparation.

 

 

(documents 18 et 19 page 239 +  questions)

 

La fin de l'intégration par le travail semble réelle, même si de nouveaux liens de sociabilité se créent grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ces réseaux sociaux, réseaux en ligne, pratiques religieuses, quartiers résidentiels  sont l’outil  nécessaire dans la sociabilité quotidienne des individus, permettant la constitution d’un capital social.

 

 

Pour Durkheim, l’activité professionnelle restait le terrain le plus propice à la formation d’idées et de sentiments sociaux.

 

Mais cette intégration assurée est utopique : en fait on distingue 4 intégrations différentes :


- l’intégration assurée : satisfaction au travail et stabilité

- l’intégration incertaine (satisfaction au travail et instabilité de l’emploi),

- l’intégration laborieuse, (insatisfaction au travail et stabilité de l’emploi),

- l’intégration disqualifiante, (insatisfaction au travail et instabilité de l’emploi).

 

La discontinuité devient un élément de construction de soi, pour faire face aux parcours éclatés qui vont se proposer aux individus. Ces discontinuités deviennent des conséquences de la flexibilité et de l’instabilisation de l’emploi, une caractéristique de la socialisation.

 

Lire « question de cours » page 239

 

 

B – De nouveaux liens de sociabilité se font jour.

 

(documents 20, et 22 + point « notion » page 241 +  questions)

 

La vie sociale a changé : elle correspond désormais à un ensemble de rencontres et connexions temporaires : le réseau social ne peut donc constituer une base pour l’existence d’une cité.

 

  

Lire « question de cours » page 241