Chapitre 11

La conflictualité sociale : pathologie, facteurs de cohésion ou moteur du changement social ?

 

 

 

M.A.J : 9/06/2013



 Auteurs cités : Tourraine, Inglehart, Marx, Durkheim, Weber, Hirschman

 

 

 

PLAN

 

I – Mouvements sociaux, intégration et changement social

 

A –L’expression du désaccord

         

B – S’opposer pour obtenir un changement ou pour y résister

 

C – Le conflit : de la rupture de la solidarité à l’intégration sociale

 

 

II – De nouvelles formes de mouvements sociaux dans une société en évolution

 

          A – les mutations des conflits du travail

 

          B – Nouveaux acteurs, nouveaux répertoires d’actions et nouveaux enjeux.

 

 


   

I Mouvements sociaux, intégration et changement social..

 

 

A – L’expression du désaccord.

 

 

-     conflit social : discordes, luttes, affrontements entre groupes sociaux opposés quant à leurs intérêts, leur position ou leurs idées.

 

-     Mouvement sociaux : ensemble d’actions collective mettant en cause l’ordre social et cherchant à le transformer. Tout mouvement social a une dimension protestataire, à la différence d’une action collective.

 

-      action collective : action intentionnelle d’un ou plusieurs groupes ayant pour fin la satisfaction d’objectifs particuliers ou généraux.

 


(document 1 + point notion page 252 +  questions)

 

Les conflits sociaux reposent sur l’existence préalable de groupes sociaux.


Weber justifiera l’existence de conflits sociaux par :


1) les divergences que peuvent avoir les individus dans leur conception de l’organisation sociale,

2) l’impossibilité pour tous d’avoir accès à tout,  au même moment.

Pour lui, le conflit est l'élément de la socialisation, (ex : la réussite politique).

 

(document 2 page 252 +  questions)

 

Selon Hirshman, par les conflits sociaux, les groupes opposés vont chercher à imposer leurs idées : soit par le simple jeu des mécanismes de marché, (exit), soit par la « voix », c’est-à-dire par l’expression de leur mécontentement et revendications, soit même par la loyauté, (contestation et menace de départ sans partir)

 

(document 3 + points notion page 253 +  questions)

 

A partir de là, une action collective ne deviendra un mouvement social que si elle cherche à  aboutir à un changement social. Ainsi, pour Alain Tourraine, sociologue français, un mouvement social n’existe que si trois conditions existent :

 

- le groupe est organisé et mobilisé (principe d’identité),

- un adversaire soit clairement identifié (principe d’opposition),

- les revendications portent sur un changement global de la société (principe de la totalité).

 


(document 4 page 253 +  questions)

 

Pour Karl Marx, la lutte des classes, et notamment le conflit social,  entre prolétariat et bourgeois constitue le moteur de l’histoire, et cette lutte, devait finir par prendre la forme d’une révolution prolétarienne, aboutissant à la disparition du capitalisme, pour permettre l’avènement du communisme.

 

Lire « question de cours » page 253

 


 

B – S’opposer pour obtenir un changement ou pour y résister.

 

 

La grève est une cessation collective et concertée du travail pour des motifs professionnels, afin d’exercer une pression sur l’employeur. Ainsi la grève perlée qui est une réduction volontaire de la productivité n’est pas considérée comme une grève car la cessation de travail n’est pas totale. Toutes les autres formes de grève (tournante, surprise, débrayage occasionnel...) sont licites.

 

La société salariale, structurée autour de la protection du statut de salarié, s’est progressivement mise en place grâce aux différents acquis sociaux obtenus lors des grandes grèves de 1906, 1936, et 1968.

 

Ont ainsi été obtenus par la lutte sociale, les acquis sociaux suivants :

 

1791 : Loi Le Chapelier : interdiction des groupements professionnels.

 

1864 : Suppression du délit de coalition : c’est la reconnaissance du droit de grève.

 

1884 : création des syndicats.

 

1895 : Création de la CGT, (confédération générale du travail).

 

1919 : Journée de  8 heures.

 

1936 : Front Populaire, Accords Matignon : conventions collectives, délégués du Personnel, Congés payés.

 

1945 : Comité d’entreprise, Sécurité sociale, (maladie, vieillesse, famille).

 

1958 : Indemnisation du chômage).

 

1968 : Accords de Grenelle : reconnaissance des délégués syndicaux, et de la section syndicale en entreprise.

 

1983: Retraite à 60 ans.


2012 : Retraite à 62 ans.

 

 

 

(document 6 + page 254 +  questions)

 

Enfin, la lutte sociale est aussi souvent motivée par la peur du changement qui pourrait menacer une position acquise, (autonomie, savoir-faire professionnel), ou des avantages sociaux précédemment acquis.

 

Lire « question de cours » page 255

 

 

 

C – Le conflit : de la rupture de la solidarité à l’intégration sociale.

 

Un syndicat est une organisation destinée à défendre les intérêts professionnels, matériels et moraux, de ses adhérents.

 

(documents 8 et 9 + page 256 +  questions)

 

Rappel du chapitre précédent :

 

Pour Durkheim, la société du début du XX siècle, est passée d’une société ou les liens individuels étaient similaires à une société ou les fonctions sont différenciées et complémentaires.

 

La ressemblance des consciences individuelles et une forte conscience collective (via un ensemble de croyances et de sentiments communs), la solidarité mécanique, va faire place à une différenciation des consciences individuelles et une faible conscience collective, la solidarité organique.

 

Seule la division du travail, assurant la solidarité entre les individus  va pouvoir assurer la cohésion sociale, mais si les relations sociales s’affaiblissent, les conflits s’exacerbent…la lutte des classes témoigne donc de la rupture des solidarités, et notamment d’un échec de la solidarité organique, puisque cette lutte des classes apparait comme une conséquence négative de la division du travail et de l’intégration sociale qui en découle….

 

 

Solidarité mécanique : forme de cohésion sociale dans les sociétés traditionnelles, caractérisée par une très faible  division du travail et fondée sur la similitude entre les membres : valeurs, croyances sont identiques, unissant mécaniquement les individus. 


Solidarité organique : solidarité typique des sociétés industrielles ou croyances et fonctions sont fortement différenciées. Par la spécialisation, les individus sont obligés de développer leur personnalité individuelle.

 

(documents 10, 11 + page 257 +  questions)

 

A ce point de vue sociologique, s’oppose une réalité : l’ensemble des luttes sociales ouvrières ont quand même permis d’intégrer, à la société contemporaine (et ce, à travers des associations, syndicats, ou encore partis), une classe ouvrière certes disparate, mais intégrée, d’origine géographique diverses, (Espagne, Portugal, Roumanie, Pologne, Italie, Belgique, Maghreb), les membres de cette classe ouvrière ont réussi à exprimer un sentiment d’appartenance identitaire revendicatif….

 

 

(documents 15 et 16 + page 259  +  questions)

 

Les conflits qui s’institutionnalisent. Les syndicats, autorisés à partir de 1884, ont constitué un moyen de lutte et de revendication, et une condition de régulation sociale.

Ce rôle est donc de plus en plus institutionnalisé, du fait de la reconnaissance des syndicats, du droit de grève, de la mise en place de procédures de négociation, donnant ainsi un cadre légal et conventionnel aux acteurs sociaux, (le droit du travail), et calmant ainsi la lutte des classes. Les sections syndicales d’entreprises, comité d’entreprise, et délégués du Personnel confortent cette accalmie.

 

Lire « question de cours » page 259

 

 

 

II De nouvelles formes de mouvements sociaux dans une société en évolution..

 

 

A – Les mutations des conflits du travail.

 

(documents 17 et 18 page 260 + points notions  +  questions)

 

La mobilisation collective face aux mutations du travail.

 

Se syndiquer, dans une usine, n’est plus aussi évident : le salarié, outre le fait d’être « mal vu », le nombre de personnes se syndiquant diminue, mais aussi, sur une longue période,  le nombre de journées individuelles non travaillées, (JINT).

La réduction du nombre de jours de grève ne veut pas dire la réduction du nombre de conflits : entre 2002 et 2004, dans les entreprises de plus de 20 salariés, le nombre de conflits a été supérieur à ceux enregistrés entre 1996 et 1998. En effet, aux grèves se sont substituées d’autres formes de protestation…débrayage, refus des heures supplémentaires, pétitions….

 

 D’après Olson, l’action collective reste l’arme absolue du salarié, à condition qu’il soit solidaire et accepte de perdre de son salaire. Il paraît bien sûr impensable de laisser les autres « aller au charbon », faute de quoi le bien collectif, fruit de l’action collective, risque d’être perdu. (passager clandestin)

 

 

(document 20 page 261 +  questions)

 

Concrètement, les formes de conflits changent puisque, dans les entreprises en péril, les conflits portent sur la sauvegarde de l’emploi alors que dans les entreprises saines, les conflits portent sur les temps de travail et les salaires.

Enfin, les conflits différent en fonction de la nature de la relation à la hiérarchie, que cette relation repose sur l’assujettissement ou  la responsabilisation.

 

Lire « question de cours » page 261

 

  

 

B – Nouveaux acteurs, nouveaux répertoires d’action et nouveaux enjeux.

 

(document 21 page 2262 +  questions)

 

 Pour Alain Tourraine, sociologue français, un mouvement social n’existe que si trois conditions existent :

 

- le groupe est organisé et mobilisé (principe d’identité),

- un adversaire soit clairement identifié (principe d’opposition),

- les revendications portent sur un changement global de la société (principe de la totalité).

 

 

 

(document 22 page 262 et document 23 page 263 +  questions)

 

A partir de 1968, les NMS (nouveaux mouvements sociaux), déplacent les mobilisations hors de l’entreprise : écologie, pacifisme, féminisme, mouvement homosexuel, contre-culture, tiers monde, et droit de l’homme en sont les thèmes.

 

Les principales différences d’avec les mouvements ouvriers sont :

 

- le profil sociologique : jeunes, classes moyennes, fonctionnaires, etc…).

 

- c’est un mouvement centré sur l’environnement, la culture, etc…, c’est à dire des valeurs, comme le dit le sociologue américain Ronald Inglehart,  post-matérialistes : qui diffère des demandes quantitatives d’augmentation de salaires des ouvriers.

 

Exemples : féminisme et « ni pute ni soumise », l’association Don quichotte qui lutte pour le droit au logement opposable, Lech Walesa, L’abbé Pierre, porteurs de revendications « désintéressées ou les alter-mondialistes, illustrent la différence de ces NMS par rapport aux anciens groupes ouvriers. 

 

Le nouveau mouvement social, regroupe désormais des actions de nature fort différentes. En fait, il s’apparente à une notion d’agir ensemble intentionnelle, mue par une volonté des protagonistes de se mobiliser, pour revendiquer, défendre un intérêt matériel ou une cause. L’objectif est de créer un nouvel ordre de vie, c’est à dire obtenir ou bloquer des changements profonds.

 

Il existe donc désormais des acteurs institutionnels, (partis politiques, syndicats, etc…) et non institutionnels.

 

Les moyens d’action se sont également diversifiés.

 

-      produire des manifestations « papier »

-      des provocations de masses.

-     les protagonistes font office de victimes, et suscitent la compassion, avec l’aide bien souvent de personnalités.

-       « lobby »,

-      (think tanks)

 

Internet, comme multiplicateur de la médiatisation d’un sujet, n’a pas échappé aux protagonistes : information, « mail bombing ».

 

Alain Tourraine, ces mouvements sont désormais représentatifs d’une société post industrielle ou « le pouvoir appartient au détenteur du savoir et de l’information ». Ils constitueraient plus des groupes de pression, que des projets de société alternatifs.

 

Peut-on véritablement parler de nouveaux mouvements sociaux quand on sait que le féminisme, par exemple, a commencé à émerger avant l’émergence de la société post-industrielle.

 

Enfin, la crise économique mondiale et la précarité en découlant a remis à l’ordre du jour les manifestations et grèves dans les murs de l’entreprise, réinvitant les conflits matérialistes et quantitatifs dans le dialogue social mondial.

 

 

Lire « question de cours » page 263

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Chapitre 12

Comment analyser et expliquer les inégalités ?


 

 M.A.J : 9/06/2013



 Auteurs cités : Kuznets, Mendras, Lorentz, Gini, Tocqueville, Bourdieu.

 

 

 

PLAN

 

I – Le constat : une réalité multiforme


A –Les inégalités de revenus primaires

          B – Les inégalités de niveaux de vie et de patrimoine

 C – Les inégalités sociales

 

II – Les explications des inégalités

 

          A – les évolutions de long terme

          B – Les transformations économiques récentes

          C – Les causes sociales et politiques

 

 

 I Le constat : une réalité multiforme..

 

 

A – Les inégalités de revenus primaires.

 

(documents 1 et 2 page 276 +  questions)

 

Capital humain : capacités physiques ou intellectuelles du travailleur, innées ou acquises par des investissements humains telles la formation, l’expérience, l’éducation et la santé, qui le rendent plus productif.

 

Patrimoine des ménages : ensemble des actifs financiers, (compte courant, épargne, actions et obligations), et des actifs non financiers, (résidence principale)….

 

Le revenu primaire fait apparaître de nombreuses disparités, que ce soit par âge, sexe, ou catégories sociales. Plusieurs facteurs peuvent les expliquer :

 

-      Des inégalités de capital humain, (diplôme, expérience et formation)

-      D’insertion dans le monde du travail, (chômage)

-      Du contexte du marché du travail, ‘offre, demande, SMIC).

 

Statistiquement par le calcul du rapport interdécile des salaires à temps complet, on constate une réduction de la dispersion des salaires : Ainsi 10% des ménages les plus pauvres sont en dessous du seuil de pauvreté, (627 euros), alors que les 10% des ménages les plus fortunés gagnent 3334 euros.

 

(document 3 page 277 +  questions)

 

Par contre les inégalités économiques de revenu de salaires, (incluant salaires à temps partiel et chômeurs d’une part et hauts salaires d’autre part) ont augmenté.

 

(document 4 page 277 +  questions)

 

       Les inégalités des revenus du travail, (salarié ou revenu mixte) ne sont pas les seules : il existe aussi les inégalités des revenus du patrimoine. Ces revenus sont directement proportionnels au niveau de patrimoine détenu par les propriétaires.

 

Lire « question de cours » page 277

 

 

B – Les inégalités de niveaux de vie et de patrimoine.

 

(documents 5 et 6 page 278 +  questions)

 

Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation, d’après les normes de l’OCDE. (1 adulte = 1UC, 1 enfant de plus de 14 ans = 0.5 UC, 1 enfant de moins de 14 ans = 0.3 UC)

 

Si l’on veut comparer le niveau de bien-être économique des individus, il faut tenir compte, non pas du revenu primaire, mais du revenu disponible c’est-à-dire de celui constituant le réel pouvoir d’achat des individus après redistribution des revenus de transfert et prélèvement des prélèvements obligatoires, (impôts et cotisations sociales) : le rapport interdécile mesurant la dispersion entre le niveau de vie des 10% les plus bas et celui des 10% les plus élevé se réduit, puisqu’il est désormais de 3,4 en 2009. Il y a donc, grâce à la redistribution, une réduction des inégalités de niveau de vie, même si le rapport interquintile ou le coefficient de Gini semblent montrer le contraire.

 

Remarques :

 

Indice de Gini: il mesure le degré d’inégalité de la distribution des revenus pour une population donnée. Il varie entre 0, (égalité parfaite) et 1 (inégalité extrême)

 

Courbe de Lorentz (cf page 384): elle mesure les inégalités de répartition des revenus ou du patrimoine. En plaçant en abscisse les déciles et en ordonnées le pourcentage cumulé du revenu ou du patrimoine, on obtient cette courbe.

Plus elle s’éloigne de la droite d’équi-répartition, (la diagonale), plus les revenus se concentrent sur une minorité de personnes.

Plus elle se rapproche de la diagonale, plus les inégalités sont faibles.

 

C’est donc le rapport entre la surface de la courbe de Gini et la droite d’équi-répartition et celle entre cette diagonale et la droite des abscisses qui donnera le coefficient de Gini.

 

(documents 7, 9 page 279 +  questions)

 L’examen de la courbe de Lorentz, en matière de concentration du patrimoine, comparée à celle de la concentration du revenu, nous montre que la concentration du patrimoine est plus forte que celle du revenu : concrètement, moins de personne se partagent plus de patrimoine, alors que le revenu se réparti sur plus de personnes. Cette concentration du patrimoine sur une minorité de personnes, (derniers déciles) s’expliquant par le fait que le patrimoine est corrélé à l’existence de hauts revenus, et donc d’une épargne suffisante, à laquelle se rajoute le patrimoine transmis par héritage ou le statut professionnel…

 

Lire « question de cours » page 279

 

 

C – Les inégalités sociales.

 

(documents 10 page 280 +  questions)


Inégalités économiques : écart de situation des individus au regard de la dotation en capital physique, financier, humain, ou de l’accès de certaines prestations allouées par le marché ou par l’Etat.

 

Bien souvent ces inégalités économiques confirment des inégalités d’origines sociales, (résultant de rapports sociaux de classes, de sexes ou de générations). Finalement, l’accès à l’emploi va conditionner la distribution des ressources matérielles, (revenu, patrimoine ou consommation). Ainsi, les jeunes, et les femmes ou les  non diplômés vont-ils être défavorisés dans cette distribution.

 

(documents 11, 12 et 13 pages 280  et 281 +  questions)

 

Les inégalités de consommation ou de pratiques sont cumulatives : plus le niveau de vie du ménage est « bas », plus le cadre de vie est pollué par des « bruits » au sens sociologique du terme.. Les écarts se creusent : accès aux loisirs, hygiène corporelle, nutritionnelle, espérance de vie, et les inégalités se cumulent.

Les inégalités de capital économique, mais aussi culturel et social entraînent la reproduction des inégalités des chances scolaires et de destinées sociales.

 

Lire « question de cours » page 281

 


II Les explications des inégalités..

 

 

A – Les évolutions de long terme.

 

 

(documents 14, 15 page 282 +  questions)

 

Kuznets, par sa courbe en U inversé, a prouvé que l’augmentation du niveau de vie provoquait dans un premier temps, une augmentation des inégalités dues aux évolutions sectorielles, qui commencent ensuite à se réduire. Cette tendance fût observée par l’accroissement des inégalités constaté au XIXe siècle, puis par leur réduction au XXe siècle : (entre 1900 et 1943, diminution de la part de D9, donc les inégalités diminuent. De plus, sécurisé par la sécurité sociale, l’Etat providence français se construit durant une période de forte croissance, de forte augmentation du pouvoir d’achat, et un faible chômage. Croissance économique implique alors ascension sociale, réduisant les inégalités :

 

On parle de moyennisation de la société

 

(documents 16 17, et 18 pages 282 et 283 +  questions)

 

Mais sur le long terme, cette courbe de Kuznet s’est vue être infirmée :

 

-      en effet, sur le long terme, certes les inégalités de patrimoine ont réduits, (de par la destruction de celui-ci par les guerres, l’érosion monétaire dans les années 80, la mise en place d’impôts progressif…puis, à partir de 1970, la tendance à la disparition de certaines catégories socio-professionnelles, et à une "migration" vers d’autre secteurs économique comme les agriculteurs, ouvriers et patrons, les professions intermédiaires et cadres augmentant de façon significative) : la société se moyennise :

 

- les disparités sociales s’atténuent, (consommation, niveau de vie, revenus..),

- les comportements s’homogénéisent,

-une vaste "classe moyenne", (cadres, professions intermédiaires, etc…) se constitue progressivement.


 

 Mais, à partir de la fin des années 1980, la société voit ses inégalités s’accroître à nouveau :

 

- La désinflation contribue à accroître les inégalités, (les placements de patrimoine)

- le marché du travail se précarise : réduction de l’échelle des salaires, précarité, montée du chômage, temps partiel, risque de pauvreté. La diminution internationale des impôts progressifs sur le revenus contribue également à réduire la « redistribution », donc à ralenti la réduction des inégalités. Paradoxalement les indices de pauvreté diminuent, parce que celle des retraités est meilleure, grâce également à l’augmentation des prestations sociales qui compensaient la pauvreté grandissante des actifs, à l’instauration du RMI, etc… :

On parle d’un retour à la bipolarisation de la société.

 

La théorie de Kuznet se trouve donc contestée


Lire « question de cours » page 283

 

 

B – Les transformations économiques récentes.

 

(documents 19 et 20 page 284 +  questions)


- Le progrès technique réduit la demande de travailleurs non qualifiés, processus accentué par la mondialisation : les salaires de cette catégorie de travailleurs sont donc tirés vers le bas, renforçant les inégalités de revenus primaires entre travailleurs qualifiés et non qualifiés,

- développement des échanges internationaux,

- déplacement de la demande.

  

(document 22 page 285 +  questions)

 

Les salaires des hauts revenus augmentent fortement quant à eux, ce, grâce à la libéralisation des marchés financiers, et à la mise en place de bonus ou autre stock-options, normalisant les inégalités sociales.

  

(document 21 page 285 +  questions)

 

La mondialisation des échanges semblent par contre réduire les inégalités : en effet, en augmentant,  les exportations réduisent les inégalités de revenus, tout comme l’augmentation des importations en provenance de pays en développement. Par contre, en matière d’investissements direct à l’étranger, (IDE), les IDE sortant accroissent els inégalités, tant dans le pays exportateurs que le pays d’accueil puisque nécessitant plus de main d’œuvre extrêmement qualifiée : 

- ainsi, pour les PDEM, les IDE sortants créent le chômage pour les emplois non qualifiés, entraînant ainsi une inégalité par les bas salaires,

- mais les IDE rentrants créent des inégalités dans les PEVD, en distribuant des hauts salaires.


 

L'évolution mondiale des inégalités calculée sans pondération de la population de chacun des pays, ou avec.....



Lire « question de cours » page 285

 

 

C – Les causes sociales et politiques.

 

Genre : relations différenciées, (statuts, rôles) et hiérarchisées entre les hommes et les femmes, instituées dans un système social. Ces relations, normes  valeurs et représentation qui leur correspondent sont des constructions sociales qui varient dans le temps et dans l’espace.

  

(document 23 page 286 +  questions)

 Nous avons constaté le lien étroit entre les différentes inégalités : inégalités culturelles entraînant les inégalités de revenus primaires, l’homogamie étendant le phénomène à l’ensemble d’une catégorie sociale qui transmettra aux générations à venir, des inégalités de capital économique, donc de pratiques culturelles.

 

(documents 24 et 25 pages 286 et 287 +  questions)

 

Finalement ces inégalités résultent de rapports sociaux de générations, sexes et classes, tout comme les inégalités de salaires hommes/femmes relèvent d’inégalités de genre : les qualifications des femmes sont sous évaluées du fait de du maintien de rôles sociaux différenciés, notamment par la socialisation.

 

Enfin, nous noterons que les inégalités se sont fortement atténuées pendant les périodes de fortes luttes syndicales  et politiques, notamment en période de forte croissance, réduisant ainsi ces inégalités sociales.

 

Lire « question de cours » page 287


Chapitre 13

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?


 

 

M.A.J : 9/06/2013


 Auteurs cités : Keynes, Laffer, Esping Andersen, Durkheim, Hayek, Marx, Raws, Bismark, Beveridge.


  

 

PLAN

 

I – Les fondements des politiques de justice sociale


A –Les principes de la justice sociale

         B – Les objectifs des politiques de la justice sociale

 

II – Les politiques redistributives

 

          A – les mécanismes des politiques redistributives

          B – Les résultats des politiques redistributives

 

 III – La question de l’équité

 

          A – les politiques d’égalité des chances

          B – Le débat équité-efficacité

 

 

I Le fondement des politiques de justice sociale..

 

A – Le principe de la justice sociale.

 

(documents 1 et 2 page 298 +  questions)

 

Egalité : principe qui établit une équivalence des ressources des conditions, des attributs entre individus.


Equité : Principe de justice sociale, qui, peut amener à traiter différemment les individus dans le but de corriger les inégalités de fait.


Justice sociale : ensemble des principes définissant et répartissant équitablement les droits sociaux et devoirs entre les membres.


La justice sociale repose, en démocratie, sur la notion d’égalité, mais la définition varie selon le fait que l’on parle comme les libertariens de droits fondamentaux, (libertés, propriété), ou comme les utilitaristes, des utilités individuelles et de leur maximisation.


(document 3 page 299 +  questions)

 

Les inégalités réelles existent : revenus, patrimoine, pouvoir, culture, générées par des différences de situations par rapport à la production, la propriété, les classes sociales : bref, par rapport aux fondements même des antagonismes théoriques des sociétés capitalistes : Socialisme et communisme seraient donc nés de cette volonté de passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle. Ainsi, Karl Marx soulignera la nécessaire révolution conduisant à la société communiste comme étant le seul moyen permettant de passer de cette égalité formelle, à une égalité réelle qui permettra vraiment la justice sociale conduisant à la satisfaction des besoins sociaux.

 

(document 4 page 299 +  questions)

 

John Raws, philosophe américain, aborde la notion d’égalité comme une hiérarchie de principes amenant à l’équité.

-      Egale libertés de base,

-      Egalité des chances,

-      Principe de différence : les inégalités sont justes si elles sont au bénéfice des plus défavorisés.

 

Tocqueville, (1805-1859) décrit la démocratie comme l’égalisation des conditions. Ordres et classes disparaissent, laissant les hommes socialement égaux, même si ils sont différents, intellectuellement et économiquement. Toutes professions, dignités, et honneurs sont donc accessibles à tous, aucune différence de condition n’étant héréditaire : la souveraineté doit donc être détenue par l’ensemble des individus.

 

Lire « question de cours » page 299



B – Les objectifs des politiques de justice sociale.

 

 

Assistance : principe de solidarité nationale qui offre à tout individu le droit à une protection sociale minimale et forfaitaire financée par l’impôt.


Assurance : technique de couverture des risques individuels fondée sur des cotisations préalables permettant le versement de prestations proportionnelles en cas de réalisation du risque.


Méritocratie : système organisant la sélection rationnelle et ouverte à tous des emplois, des richesses et du pouvoir selon le principe du mérite individuel, (dons et travail), en dehors de tous lien communautaire et de l’origine sociale.(déterminisme social)


Services collectifs : services pouvant être consommés par plusieurs personnes à la fois, (non rivalité). Ils sont dits « purs » quand on ne peut en exclure un utilisateur, (non exclusion).

 

Préambule : La construction de l’Etat providence

 

C’est le travail qui constitue le berceau de la protection sociale moderne : la naissance de la protection sociale provient d’une mutualisation des risques sociaux par les personnes travaillant.

 De manière historique, c’est la famille la première qui assumera la solidarité intergénérationnelle, notamment par le choix d’avoir un nombre élevé d’enfants, les soins et l'éducation étant assurés, au niveau européen, par les diverses communautés religieuses, les corporations, compagnonnage, nobles et propriétaires terriens.

 Mais il faudra véritablement attendre l’arrivée du capitalisme, pour voir se développer les risques et besoins sociaux : sous l’impulsion des classes ouvrières, la première protection sociale voit le jour. Sont ainsi concernés, les risques suivants : accidents, chômage et maladies dont beaucoup sont professionnelles, conduisant ainsi à la création des premières sociétés de secours mutuel.

Le salariat sort progressivement de son « indignité », notamment par le vote, en 1910, des retraites paysannes et ouvrières, puis par l’arrivée des trente glorieuses.

 

Petit à petit, les pouvoirs publics vont de plus en plus prendre en charge la protection sociale :

 

Quelques dates à savoir :


1850 : lois sur les sociétés de secours mutuel,

 

1898 : loi sur les accidents du travail,

 

1910 : lois sur les retraites paysannes,

 

1932-39 : lois sur les allocations familiales,

 

1945 : création de la sécurité sociale, couvrant la maladie, la vieillesse, l’invalidité et le décès.

 

1958 : création de l’assurance chômage,

 

1982 : loi sur la retraite à 60 ans,

 

1988 : création du RMI,

 

1991 : création de la C.S.G.

 

1999 : création de la C.M.U.

 

 

Révolution industrielle + consommation de masse et protection sociale = forte croissance et gains de productivité.

 

La notion d’Etat providence repose donc sur un devoir institutionnel de protéger les membres de la collectivité

  

(document 6 page 300 +  questions)

 

La diversité des systèmes de protection sociale permet de classer les Etats providence en deux catégories :

 

- le modèle « Bismarkien », (1883 et 1889) du nom du Chancelier prusse qui, à la fin du XIX siècle créera le premier système de protection sociale.


- le modèle « Béveridgien », du nom de l’anglais chargé d’organiser, à l’issue de la seconde guerre mondiale, un système de sécurité sociale généralisé à l’ensemble des individus, quel que soit leur statut social. Par l'impôt, l’ensemble des risques était couvert, et redistribué sous forme de prestations uniformes, en cas de perte de revenus. : un système public organisait l’ensemble.

 

De manière plus précise, Esping Andersen vont isoler trois sortes d’Etat-providence :


- le « Welfare state », Etat providence libéral : les mécanismes de marché sont prioritaires, et les destinataires du système, à condition de prouver le besoin, restent les plus défavorisés. (GB, Canada, USA)


- Le système conservateur-corporatiste, ou Bismarkien, qui par des assurances sociales obligatoires, assure la protection, mais très peu de redistribution verticale. (Allemagne, France Italie, Autriche)


- Le système universaliste ou social-démocrate. Protection mais aussi un degré élevé de redistribution par souci de justice sociale. Danemark, Suède, Finlande)

 

 

Remarques :

 

1/ Deux mécanismes de protection sociale cohabitent donc : l’assurance et l’assistance


-    L’assistance sociale, est assurée, en France, depuis 1991, par la contribution sociale généralisée, (C.S.G.), prélevée sur les revenus des actifs : il s’agit là d’une redistribution verticale, les revenus de transfert permettant d’augmenter les revenus des plus défavorisés par les prélèvements d’impôt sur les actifs.

-     L’assurance sociale, assurée par les cotisations sociales supportées par les actifs : il s’agit là d’une redistribution horizontale, le reversement de revenus de transferts se faisant en faveur des personnes qui avaient préalablement cotisé : malades, chômeurs, retraités.

-   

   2/ au « welfare » des états providence, se substituerait désormais aujourd’hui un « workfare », basé sur des politiques néolibérales d’obtention d’allocations en fonction d’une obligation d’activités.


La protection sociale a toutefois changé de destinataires puisque à partir des années 75, la pauvreté a commencé à toucher aussi les ménages actifs. D’où l’apparition de nouvelles aides, telles l’API (Aide pour Parents Isolés), l’ASS (Aide de Solidarité Spécifique en 84), attestant de l’apparition d’un chômage de masse. De la même manière, en 2002 sera créée l’AER (Allocation Equivalent Retraite pour les personnes n’ayant pas cotisé assez du fait d’un chômage longue durée.

C’est finalement la création du RMI (Revenu Minimum d’Insertion) qui, en 88, permettra d’assurer à l’ensemble des personnes de plus de 25 ans, sans revenus, ayant ou pas déjà travaillé, un minimum vital.


 

La protection sociale permet-elle donc, par ce double rôle de redistribution, et de protection, de réduire les inégalités ?

 - Oui, car l’assistance permet de réduire les inégalités car les montants prélevés aux cotisants sont redistribués aux individus nécessitants : il y a donc réduction des inégalités, et l’on parle de « redistribution verticale »

 - Non pour l’assurance car elle ne fait que redistribuer des revenus proportionnellement aux cotisations On parle alors de « redistribution horizontale », (actifs vers chômeurs, célibataires vers familles, biens portants et malades)


 Revenus primaires et revenus après taxation et redistribution des ménages en France en euros par an. Les revenus sont classés en déciles : le D1 correspond au seuil en dessous duquel vivent les 10 % des ménages français qui ont le revenu primaire le plus faible (7 200 euros), le D2 à celui sous lequel vivent les 20 % les moins riches..



(documents 7 page 301 +  questions)

 

Dans la pratique, définir des inégalités justes, (équité) est très difficile car l’effet du contexte social existe. Dès la moyenne section de la maternelle, les écarts de niveaux selon le milieu social de l’enfant apparaissent. Pour parvenir à l’équité, il faut donc pratiquer la redistribution.

Lancée aux USA dans les années 70, popularisée dans les années 90 par John Raws, cette politique « d’affirmative action », ou discrimination positive va viser à  substituer l’équité comme principe de justice, à l’égalité.


Elle présente deux traits essentiels :

- une politique centrée sur le groupe,

- une politique élitiste, car les critères ayant maintenus les groupes dans des positions subalternes sont maintenus, (sexes, races, ethnies…), mais deviennent un atout permettant la mobilité sociale.

 

(document 8 page 301 +  questions)

 

La justice scolaire ne s’organise-t-elle pas également autour de l’égalité méritocratique ? Même si le mérite permet d’éliminer la prise en compte des inégalités de naissance et de fortune, ainsi que les inégalités sexuelles et ethniques, il institue aussi, à partir de l’égalité des chances, des inégalités de positions sociales qu’il justifie, officialisant ainsi le résultat en découlant à savoir les inégalités de revenus et de prestige.

Ces politiques de discrimination positive sont donc polarisées sur le groupe, et élitistes car elles ne cherchent pas à combattre la pauvreté, mais à réduire les écarts entre les groupes. Elles sont ciblées sur les plus défavorisés, et cherchent à atteindre une égalité de chances, chère aux méritocraties,  rompant avec l’égalité des droits.

 

Discrimination positive : instaurer des inégalités formelles pour promouvoir l'égalité des chances, par un traitement préférentiel.

 

Lire « question de cours » page 301

 

 

II Les politiques redistributives.

 

 

A – Les mécanismes des politiques redistributives.

 

(documents 9 et 10 page 302 +  questions)

 

Redistribution: ensemble des prélèvements et réaffectations opérés par les administrations publiques, affectant les revenus des ménages.

Cotisations sociales : prélèvements obligatoires sur les salaires, que les salariés et leurs employeurs effectuent aux administrations de sécurité sociale pour financer un ou plusieurs risques couverts par celles-ci.


Par la redistribution des revenus primaires, les pouvoirs publics vont permettre  égalité des « possibles », c’est-à-dire des ressources. Cette redistribution peut s’effectuer :

 

- en agissant sur la formation des revenus, (inégalités primaires) :

- soit en corrigeant par la redistribution :,

- mais aussi au niveau de la santé et de l’éducation.

 

(document 11 page 303 +  questions + exercice d’application )

 

L’impôt progressif (impôt sur le revenu, impôt sur la fortune) permettrait de resserrer l’éventail des revenus, et donc des inégalités, immédiatement, mais aussi sur le long terme car il réduit la constitution d’accumulation de capital (patrimoine), réduisant ainsi les probabilités d’inégalités futures.

 De la même manière, des prestations sociales progressives, (à savoir plus faible quand le revenu augmente) contribueraient également à réduire les inégalités entre les riches et les pauvres : on parle ici  de redistribution verticale.

 Les inégalités entre enfants proviennent principalement des inégalités de revenus des parents, puisque le revenu impacte les performances scolaires, l’accès au logement à l’alimentation, à la santé. Ces inégalités de conditions reflètent les inégalités de ressources ou des « possibles ».

 La redistribution horizontale concerne quant à elle la réduction des inégalités entre les actifs occupés et les retraités, ou la famille et les célibataires, ou encore entre les malades et les bien-portants…..il s’agit là d’une protection sociale basée sur l’assurance, les actifs finançant, par leurs impôts, la redistribution de revenus de transferts aux défavorisés, donc l'assistance.

 

Lire « question de cours » page 303

 


B – Les résultats des politiques redistributives.

 

Fiscalité : Réglementation définissant les impôts d’une collectivité locale, d’un pays ou  d’un organisme international et sa perception.


(documents 12 page 304 +  questions)

 

La redistribution permet donc, par le jeu des prestations diminuées des prélèvements, d’augmenter le niveau de vie des plus défavorisés, en réduisant celui des favorisés. C’est ce que montre le document 12, le premier décile voyant leur niveau de vie composé de 34 % de revenus de transfert, alors que le dernier décile voit son niveau de vie amputé de près de 25%.

 

(documents 13 page 304 +  questions)

 

Depuis 20 ans, l’assurance sociale à moins réduit les inégalités que l’assistance sociale. En effet, l’impact des prélèvements obligatoires, et donc de la redistribution verticale, (notamment par les cotisations sociales) a été plus faible sur la réduction des inégalités que celui des prestations sociales, et donc de l’assistance sociale.


(document 14 page 304 +  questions)

 

Globalement, d’une part, par la diminution des impôts progressif, (mise en place du bouclier fiscal sur l’impôt sur le revenu et suppression de l’impôt sur la fortune), les hauts revenus et notamment le dernier quartile ont vu leurs revenus augmenter, alors qu’au contraire, le premier quartile des plus défavorisés ont vu leur revenu moyen diminuer.




 

(document 15 page 304 +  questions)

 

Les services collectifs de l'éducation aident aussi quant à eux, à la réduction des inégalités des chances, même si leur usage est réservé à l’ensemble de la nation, mais plus particulièrement au plus favorisés.

 

Lire « question de cours » page 305

 


III La question de l’équité.

 

 

A – Les politiques d’égalité des chances.

 

Discrimination : Inégalités de traitement et préjudices subis par des individus en raison des caractéristiques réelles ou supposées, (race, ethnie, religion, convictions, handicap, orientation sexuelle, sexe….)


Discrimination positive : instaurer des inégalités formelles pour promouvoir l'égalité des chances, par un traitement préférentiel.

 

(documents 17 et 19 pages 306 et 307 +  questions)

Lutter pour l’égalité des chances impose une lutte contre les discriminations, et reposent sur des politiques en faveur des plus défavorisés.

Ces politiques de discrimination positive sont encore réduites en France, et sont territoriales. Aux USA, elles s’appuient sur des critères majoritairement ethniques, et sont taxées d »élitisme puisqu’il semblerait qu’elles réduisent les écarts entre les plus et les moins défavorisés sans réduire les inégalités socioéconomiques.

Accès aux biens et services, (accès aux établissements), et principe de compensation pour annuler des discriminations naturelles...(ex : sciences politiques).

 

(documents 18, 19, et 20 pages 306 et 307 +  questions)


Le bilan est mitigé car, bien qu’encourageant, ces politiques présentent des effets pervers : effet de seuil, de territoire, poussant à la stigmatisation des populations bénéficiaires et entraînant le rejet par ceux finançant mais ne bénéficiant pas.

- les parents veulent changer leurs enfants d'école,

- les professeurs ne veulent pas y aller,

- les effectifs ne sont pas inférieurs à ailleurs,

- les résultats ne sont pas meilleurs.

 

 

B – Le débat équité - efficacité.

 

(document 21 page 308 +  questions)

 

Hayek qui s’interrogera sur le bien-fondé de la politique de redistribution. En effet, celle-ci limiterait ainsi les incitations à produire plus, favoriserait Les trappes à pauvreté ou à inactivité.


Il est en effet à craindre que, si une personne tire de son retour à l’emploi, un revenu inférieur ou égal à celui qu’elle avait avant, avec les aides sociales, elle ne diffère son retour : c’est la trappe à l'inactivité. En plus, le passage du RSA vers un emploi entraîne une perte importante d’avantages exclusivement liés à la précarité, tels :

- l’allocation logement à taux plein,

- l’exonération de la taxe d’habitation,

- l’exonération de la redevance audiovisuelle,

- l’exonération du paiement des abonnements téléphoniques,

- le droit à la couverture mutuelle universelle (CMU),


(document 22 page 308 +  questions)

 

L’équité gêne-t-elle la croissance ?

 

En théorie oui car toute taxation diminue le profit des investissements, toute redistribution diminue l’épargne, et le système de retraites publiques diminue le système de retraites privées.


Laffer d’un point de vue économique validera la même hypothèse, s’appuyant sur la substitution du travail au profit du loisir que pourrait provoquer un taux d’imposition dissuasif.


Pour arriver à l'équité, il faut prendre au riches et redistribuer aux pauvres, ce qui entraîne une diminution de l'épargne, donc de l'investissement, entraînant une diminution du progrès technique donc de la croissance.

(document 23 page 309 +  questions)

 

Le revenu ne peut être indépendant du travail, une mutualisation du revenu, indépendamment de la difficulté de celui-ci dissuaderait certains de travailler, et le PIB global s’en trouverait diminué, (problème du passager clandestin)

Finalement, des politiques moins redistributives, avec un RSA socle, encourageant l’offre augmenteraient l’incitation à travailler, mais, de par leur allure pro-cyclique ne diminueraient pas les inégalités.

 

(document 24 page 309 +  questions)

 

Face à ces critiques, la redistribution permet toutefois d’apporter plus de formation aux personnes en bénéficiant, contribuant ainsi à une augmentation du capital humain global, favorable à la croissance.

 

Keynes c’est la mise en place d’impôt progressif qui permettra la réduction des inégalités et donc la relance de la demande effective, source d’investissement. C’est ainsi que sont perçus, dans les pays scandinaves, la protection sociale et le formation, source d’augmentation du capital humain à l’origine d’externalités positives sociales et économiques telles la baisse de la criminalité, la réduction des dépenses de l’Etat et l’augmentation de ses recettes.

 

 



Chapitre 14

Comment s’articulent marché du travail et organisations dans la gestion de l’emploi ?


 

 

M.A.J : 9/06/2013


 Auteurs cités : Insiders / Outsiders, Keynes, Néo classiques.

 

 

 

PLAN

 

I – L’analyse néoclassique du marché du travail


A –L’offre et la demande de travail

         B – Equilibre du marché et chômage volontaire

 

 II – Gestion de l’emploi et organisation

 

          A – Firmes et différenciation des emplois

          B – Les liens entre organisations et marché du travail

  

III – L’institutionnalisation du travail entre conflits et coopération

 

          A – Emplois, pouvoirs publics et acteurs sociaux

          B – Les enjeux du salaire minimum et de la durée légale du travail

 

 

 I L’analyse néoclassique du marché du travail

 

 

A – L’offre et la demande de travail.

 

Salaire réel : Quantité de biens et de services que le salaire permet de se procurer. Il se calcule par salaire nominal/indice des prix à la consommation : c’est un indicateur de pouvoir d’achat.

 

Coût salarial unitaire : Rémunération par salarié, pondérée par la productivité du travail. Il augmente si la rémunération des salariés augmente plus vite que la productivité du travail et inversement.

 

Salaires nominaux : Rémunération du salarié en unités monétaires courantes.

 

Pour les néoclassiques, le travail s’apparente à un bien normal :

 

(document 1 page 320 +  questions)

 

- la demande de travail émane des entreprises : la fonction de demande de travail est donc décroissante du salaire réel, fixé par le marché, et chaque employeur ne décidera d’embaucher que si la productivité marginale de l’employé est supérieure à son coût salarial unitaire.

Pour les néo-classiques, le travail s'échange sur un marché de concurrence pure et parfaite car il y a atomicité. L'employeur néo-classique qui maximise son profit embauche un employé tant que celu- ci lui rapporte plus qu'il ne coûte, (productivité marginale supérieure au salaire) : 

- plus le salaire réel augmente, plus la demande  de travail diminue = la demande est une fonction décroissante du salaire réel.


 

(document 2 page 320 +  questions)


- L’offre émane des salariés : la fonction de l’offre de travail est une fonction croissante du salaire réel. Pour se décider à travailler et à abandonner les loisirs, les salariés vont comparer l’utilité des loisirs dont ils bénéficient à la désutilité du travail exprimée en consommation permise par le salaire réel.

Pour les néo-classiques, le travail qui est pénible est donc une désutilité, qui permettra grâce au salaire de consommer, (utilité).

 

(document 3 page 321 +  questions)

 

Lire « question de cours » page 321

 

  

B – Equilibre du marché du travail et chômage volontaire.

 

(document 5 page 322 +  questions)

 

Le marché s’autorégulant dans la théorie classique, sur le marché qui est de concurrence pure et parfaite, l’offre et la demande vont donc se rencontrer et déterminer le prix d’équilibre, c’est-à-dire le niveau du salaire réel.

 

(documents 6 et 7 pages 322 et 323 +  questions)

 

Cela sous-entend donc que, tout déséquilibre étant automatiquement régulé par le marché, si déséquilibre il y avait il serait donc volontaire. Cela correspondrait en fait à des personnes considérant que l’utilité de leurs loisirs est supérieure à celle que leur procurerait un salaire réel. Ce choix justifiant l’expression « la trappe à inactivité ».


 

 Lire « question de cours » page 323

 

 

II Gestion de l’emploi et organisation

 

 

A – Firmes et différenciation des emplois.

 

Normes d’emplois : Règles et usages socialement prescrits concernant les pratiques d’emploi de la main d’œuvre par les entreprises.

 

Segmentation du marché du travail: Bipolarisation des emplois en matière de statuts, (nature des contrats de travail) et de carrière, le marché primaire englobant des emplois stables et bien rémunérés, le marché secondaire, des emplois précaires.

 

Contrat de travail : Convention par laquelle une personne, (le salarié), s’engage à mettre son activité à disposition d’un employeur, sous la subordination duquel il se place, moyennant une rémunération.

 

Salaire d’efficience : Salaire supérieur au salaire courant, distribué dans les autres entreprises, pour une activité donnée. Il permet d’attirer les meilleurs candidats et de les fidéliser à l’entreprise….


(documents 8,9 et 10 page 324 +  questions)

  

Les entreprises ont quant à elles leur manière de  gérer les emplois : conformément au principe des organisations, selon un système très hiérarchisé. En fait les normes d’emplois et les salaires ne se déterminent  pas selon les règles du marché théorique néoclassique : concrètement, travaux, salaires et responsabilités sont différenciés, contribuant à une hétérogénéité et une division technique du travail nécessaire à son efficacité. L’entreprise utilisera ainsi différents moyens afin d’ajuster au mieux son capital humain : formation, reconversion, recrutements…..

 

Autres exemples de différenciation :

 

(document 11 page 325 +  questions)


 - la segmentation du marché du travail, distinguant, un marché primaire, interne à l’entreprise, constitué majoritairement de CDI, bien rémunérés, proposant de nombreuses évolutions de carrières, au marché secondaire, externalisé, précarisé par les CDD, aux rémunérations faibles,

 

(document 12 page 325 +  questions)

 - l’attribution de salaires d’efficience, censés attirer et fidéliser le personnel considéré comme indispensable.

 Le marché du travail, et notamment par le recours au contrat de travail, semble faire l’objet d’une concurrence imparfaite, l’homogénéité du facteur travail n’étant absolument pas constaté dans l’ensemble du marché. En fonction de la taille de l’entreprise, du marché primaire ou secondaire dans lequel elle s’inscrit, le salarié va être confronté à une asymétrie d’information, aboutissant à l’existence d’un chômage involontaire.

 

Lire « question de cours » page 325

 


B – Les liens entre organisation et marché du travail.

 

(documents 13,14 et 15 page 326 +  questions)

 

Les organisations sont toutefois extrêmement liées au marché du travail, tant par leur recrutement du personnel dépendant du marché secondaire, que par celui des personnes diplômées qui alimenteront le marché dit primaire


(documents 16 et 17 page 327 +  questions)

 

En parallèle, l’évolution du niveau des salaires influe sur les stratégies des entreprises : substitution du facteur capital au facteur travail, délocalisation de la production, inadaptation des chômeurs agés dont la qualification n’est plus adaptée aux exigences des entreprises recrutant, ou encore difficile substituabilité des « insiders » par rapport aux « outsiders », compte tenu de leur force de mobilisations et persuasion par rapport aux outsiders

 

 Lire « question de cours » page 327

 

 

 

III L’institutionnalisation du travail, entre conflits et coopération

 

 

A – Emploi, pouvoirs publics et acteurs sociaux.

  

Partenaires sociaux : Ensemble des acteurs économiques qui participent aux négociations sociales, des représentants des syndicats de salariés et des principales organisations patronales.

 

(document 18 page 328 +  questions)


L’analyse keynésienne

 

          Pour les keynésiens, le niveau de l’emploi est fonction de la demande  anticipée de B et S qualifiée de demande effective, et non du niveau du salaire réel proposé, comme le pensent les néoclassiques.

 

Demande effective : demandes anticipées  de B&S de C (D1) et d’I (D2) + demande de biens et services collectifs (G), de biens et services exportés (X)    

              

                                 D = C + I + G + X


Or l’offre de travail dépend du salaire réel.

 

(document 19, 21  pages 328 et 329 +  questions)

 

          Finalement, l’offre de travail dépend du salaire réel, alors que la demande de travail dépend de la demande effective : le salaire n’est donc pas un salaire d’équilibre au sens néoclassique. Il y a un contrat de travail individuel qui est l’aboutissement d’un processus mettant en jeu des rapports conflictuels ou non entre employés et employeurs, l’Etat intervenant souvent comme arbitre. Il y a des conventions collectives, cadre légal dans lequel s’inscrivent les contrats de travail, ou encore des représentations syndicales au sein d’institutions telles le conseil des prud’hommes.

          Le marché du travail n’est qu’un pseudo marché où les facteurs culturels et institutionnels jouent un rôle essentiel.

 

Le chômage :

 

          Pour les keynésiens, si le salaire n’est pas un salaire d’équilibre, il peut y avoir du chômage. Il peut même s’agir d’un chômage durable et involontaire. En effet, la demande effective qui va déterminer le niveau de l’emploi est basée sur les anticipations des entrepreneurs. Or, si les hypothèses peuvent être multiples, il n’y a qu’une seule réalisation. Mais, il n’y a qu’une chance très limitée que la demande globale anticipée s’ajuste réellement avec celle rencontrée. Il en résulte toujours un risque de sous-utilisation des capacités productives ou d’insuffisance des biens d’équipement. Dans le schéma keynésien, l’offre ne crée pas exactement la demande correspondante. Le chômage provient d’une insuffisance de la demande effective.

   

      

Quelles politiques pour combattre le chômage ?

 

Keynes : il faut augmenter la demande effective donc augmenter la production d'où augmentation de l'emploi d'où augmentation du salaire réel

 

Néoclassique : il faut diminuer le salaire réel d'où augmentation de l'emploi d'où augmentation de la production d'où augmentation de la demande

          Keynes critique aussi la baisse du salaire comme solution au chômage. Les salaires alimentant la demande de consommation, leur réduction risque de provoquer une augmentation des anticipations pessimistes d'où la diminution de la demande effective et donc des embauches et augmentation des licenciements entraînant une diminution des revenus salariaux.

 

 Les solutions pour Keynes :

           

       Il faut prendre des mesures qui stimulent les différents éléments de la demande par une politique dite de relance de la demande :

 

          . Soutien de la consommation des ménages par l’indemnisation du chômage et la redistribution en faveur des bas revenus, dont la propension à consommer est plus élevée.

          . Soutien de l’investissement par des investissements faibles.

          . Soutien des exportations par une politique de taux de change.

          . Si besoin dépenses publiques pour créer des emplois.

 

Lire « question de cours » page 329

 

 

B – Les enjeux du salaire minimum et de la durée légale du travail.

 

Salaire minimum : Salaire en dessous duquel un travailleur le peut être légalement employé

 

Convention collective : Accord signé entre organisations syndicales et employeurs fixant les conditions d’emploi, de travail, les grilles salariales et les garanties sociales.


(documents 23, 24, et 25, 26  pages 330  et 331 +  questions)

 

Le rapport salarial s’est institutionnalisé, notamment par l’adoption de lois encadrant le cadre de l’action des acteurs sociaux : 35 heures, SMIC, etc….

Ce contexte affecte bien sur le marché du travail, les stratégies des entreprises, provocant des conflits sociaux et clivages politiques majeurs. Les conventions collectives servent alors de base de négociations pour les ajustements spécifiques relatives aux différentes activités.

 

Lire « question de cours » page 331



Chapitre 15

Quelles politiques pour l’emploi ?



 

 

M.A.J : 9/06/2013


 Auteurs cités : Schumpeter, Sauvy, Durkheim, Keynes.

 

 

 

PLAN

 

I – Les grandes évolutions de l’emploi et du chômage


A –L’évolution de l’emploi

         B – L’évolution du chômage

 

 II – Les causes du chômage

 

          A – Un chômage qui découle d’une insuffisance de la demande

          B – Un chômage consécutif à des coûts trop élevés.

         C – Un chômage consécutif à des raisons structurelles.

 

 III – Le travail comme source d’intégration sociale

 

          A – Le travail, facteur d’intégration sociale

          B – Un lien fragilisé entre travail et intégration sociale

 

 

 

I les grandes évolution de l ‘emploi et du chômage

 

 

A – L’évolution de l’emploi.

 

 Taux d’emploi : Rapport entre le nombre de personnes d’une population ayant un emploi et le nombre total de personnes de cette population de référence.

 

(document 1 page 342 +  questions)

 

La population active augmente en France sur le long terme : 20,5 millions en 1955, 26 millions aujourd’hui.

 

(documents 2, 3a et 3b, 4 pages 342  et 343 +  questions)

 

Mais la structure de cette population s’est fortement modifiée : diminution de certaines professions et catégories sociales, comme les ouvriers, artisans, commerçants et chefs d’entreprises, au profit de catégories comme les employés, professions intermédiaires, et cadres et professions intellectuelles supérieures, attestant, comme nous l’avons vu donc le chapitre 8, de la moyennisation de la société. Salarisation, féminisation, précarité et tertiarisation caractérisent désormais la structure de l’emploi en France, 90% des travailleurs étant salariés. Le taux d’emploi est désormais à 64%...

 

Remarque

Statistiquement sur les 20 dernières années, l’évolution du nombre d’emplois à qualification élevée est exponentielle, au détriment des emplois agricoles, d’ouvriers non qualifiés, ou d’artisans : le chômage touche les travailleurs non qualifiés : baisse de salaires aux USA, chômage en europe.

 

 (document 5 page 343 +  questions)

 

Schumpeter abordera ce processus de « destruction créatrice ».

 

Lire « question de cours » page 343

 

 

 

B – L’évolution du chômage.

 

Taux de chômage : Rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs.

 

  

(document 7 page 344 +  questions)

 

Chômeurs : Sont considérées comme étant au chômage, les personnes de 15 ans et plus, privées d’emplois et en recherchant un.

 

(document 8 page 344 +  questions)

 

Il existe deux sources recensant le nombre de chômeurs :

 

-      les chiffres du Ministère de l’emploi, à partir des données recenses par Pôle Emploi.

-      Les données de l’INSEE fournissant des chiffres selon les préconisations du BIT.



(document 9 page 345 +  questions)

 

Le taux de chômage fluctue mais est, à l’heure actuelle, aux alentours de 10% de la population active en France, soit un peu plus que le niveau de chômage enregistré dans les autres pays développés.


 

(document 10 page 345 +  questions)

 

Deux formes de chômage sont distinguées :

 

-      Le chômage conjoncturel, lié directement aux fluctuations économiques,

-      Le chômage structurel, significatif d’une adéquation entre l’offre et la demande de travail : on y retrouve le chômage frictionnel, ainsi que le chômage technologique, (lié au progrès technique)


Lire « question de cours » page 345

 

 

 

II les causes du chômage

 

 

A – Un chômage qui découle d’une insuffisance de la demande.

  

Demande anticipée ou effective : Demande anticipée par les entrepreneurs qui entraîne le volume de production qu’ils sont prêts à réaliser. Ce volume de production détermine le niveau de l’emploi dont ils ont besoin pour réaliser cette production.

  

Equilibre de sous emploi : Selon Keynes, l’équilibre général peut être un équilibre de sous-emploi. Dans ce cas, il y a équilibre sur le marché des biens et des services mais à ce niveau de la production, les besoins en main d’œuvre des entreprises sont insuffisants pour proposer un travail à tous ceux qui en cherchent un.

 

(documents 11 et 12 + point « auteur » page 346 +  questions)

 

          Pour les keynésiens, le niveau de l’emploi est fonction de la demande  anticipée de B et S qualifiée de demande effective, et non du niveau du salaire réel proposé, comme le pensent les néoclassiques.

 

         Dans la théorie keynésienne, le salaire n’est donc pas un salaire d’équilibre au sens néoclassique, puisqu’il n’est pas flexible : c’est pour cela que les keynésiens ne considèrent pas le marché du travail comme un véritable marché, le salaire résultant non pas, d’un ajustement entre l’offre et la demande, mais d’un contrat de travail individuel, aboutissement d’un processus mettant en jeu des rapports conflictuels ou non entre employés et employeurs, l’Etat intervenant souvent comme arbitre. Il y a aussi des conventions collectives, et des représentations syndicales qui interviennent dans la détermination de ce salaire.

 

Le chômage :

 

          Pour les keynésiens, si le salaire n’est pas un salaire d’équilibre, il peut y avoir du chômage. Il peut même s’agir d’un chômage durable et involontaire. En effet, la demande effective qui va déterminer le niveau de l’emploi est basée sur les anticipations des entrepreneurs. Or, si les hypothèses peuvent être multiples, il n’y a qu’une seule réalisation. Mais, il n’y a qu’une chance très limitée que la demande globale anticipée s’ajuste réellement avec celle rencontrée. Il en résulte toujours un risque de sous-utilisation des capacités productives ou d’insuffisance des biens d’équipement. Dans le schéma keynésien, l’offre ne crée pas exactement la demande correspondante. Il y a donc un équilibre de sous-emploi, générateur d’un chômage qui provient d’une insuffisance de la demande effective.


(document 14 page 347 +  questions)

 

Quelles politiques pour combattre le chômage ?

 

Keynes : il faut augmenter la demande effective donc augmenter la production d'où augmentation de l'emploi d'où augmentation du salaire réel

 

Néoclassique : il faut diminuer le salaire réel d'où augmentation de l'emploi d'où augmentation de la production d'où augmentation de la demande

          Keynes critique aussi la baisse du salaire comme solution au chômage. Les salaires alimentant la demande de consommation, leur réduction risque de provoquer une augmentation des anticipations pessimistes d'où la diminution de la demande effective et donc des embauches et augmentation des licenciements entraînant une diminution des revenus salariaux.

 

 

Les solutions pour Keynes :

           

       Il faut prendre des mesures qui stimulent les différents éléments de la demande par une politique dite de relance de la demande :

           . Soutien de la consommation des ménages par l’indemnisation du chômage et la redistribution en faveur des bas revenus, dont la propension à consommer est plus élevée.

          . Soutien de l’investissement par des investissements faibles.

          . Soutien des exportations par une politique de taux de change.

          . Si besoin dépenses publiques pour créer des emplois.

 


Lire « question de cours » page 347

 


B – Un chômage consécutif à des coûts trop élevés.

 

(documents 15 et 16 page 348 +  questions)

 

Pour produire, les entreprises peuvent opter pour des combinaisons productives plus ou moins capitalistique, l’objectif premier étant, rappelons-le, dans une perspective capitaliste, de maximiser les profits en réduisant les coûts de production.

 

(documents 17 et 18  page 349 +  questions)

 

D’où l’importance du poids de la fiscalité, notamment des cotisations sociales et des impôts, qui, en alourdissant les coûts de production de l’entreprise, vont mettre en danger sa compétitivité.

 

Lire « question de cours » page 349

 

  

C. Un chômage consécutif à des raisons structurelles.

  

Qualifications : Ensemble des aptitudes acquises par l’individu ou requises pour occuper un emploi.

 

Flexibilité : Politique de gestion de la main d’œuvre des organisations productives afin d’adapter la production et l’emploi aux fluctuations de la demande. Elle peut revêtir plusieurs formes : variation des effectifs employés, des horaires de travail, des salaires.

 

(documents 19, 20 et 21 page 350 +  questions)

 

Au-delà des causes conjoncturelles, le chômage peut résulter de raisons plus structurelles, relevant d’une totale inadéquation entre les besoins des entreprises, (qualification requise),  et la qualification des demandeurs d’emplois, (qualification acquise).  Cette inadéquation peut provenir, soit de la formation initiale, de la formation professionnelle, ou de l’expérience. Compte tenu du caractère structurel de l’origine du problème, l’Etat doit y pallier par une réforme des politiques de formation.

 

(document 22 page 351 +  questions)

 

La rigidité du marché face aux attentes du marché du travail peut aussi expliquer la persistance d’un chômage. La flexibilité semble nécessaire pour  faciliter l’ajustement sur le marché du travail.

L’on sait désormais que le PT crée et détruit des emplois, mais qu’à long terme, il y a création : le problème est donc de réguler le marché du travail pour qu’à court terme, ce chômage soit le plus faible possible : la flexibilité permet-elle de lutter contre ce chômage ?

Pour les néoclassiques, le chômage est impossible en situation de concurrence parfaite car il y a un ajustement offre demande de travail par tâtonnement.

Il existe des formes diverses de flexibilité pour favoriser l’ajustement.


 

Lire « question de cours » page 351

 

 

 

III le travail comme source d’intégration sociale

 

 

A – Le travail, facteur d’intégration sociale.

 


Salariat Ensemble des salariés, c’est-à-dire des travailleurs qui sont liés par un contrat de travail à un employeur.


Rappel chapitre 11

(document 24 page 352 +  point « auteur » + questions)

 

Pour Durkheim, la société du début du XX siècle, est passée d’une société ou les liens individuels étaient similaires à une société ou les fonctions sont différenciées et complémentaires.

 

La ressemblance des consciences individuelles et une forte conscience collective (via un ensemble de croyances et de sentiments communs), la solidarité mécanique, va faire place à une différenciation des consciences individuelles et une faible conscience collective, la solidarité organique.

 

Seule la division du travail, assurant la solidarité entre les individus  va pouvoir assurer la cohésion sociale, mais si les règles sociales s’affaiblissent, les conflits s’exacerbent…..la lutte des classes témoigne donc de la rupture des solidarités, et notamment d’un échec de la solidarité organique, puisque cette luttes des classes apparait comme une conséquence négative de la division du travail et de l’intégration sociale qui en découle….

 

Solidarité mécanique : forme de cohésion sociale dans les sociétés traditionnelles, caractérisée par une très faible  division du travail et fondée sur la similitude entre les membres : valeurs, croyances sont identiques, unissant mécaniquement les individus. 

 

Solidarité organique : solidarité typique des sociétés industrielles ou croyances et fonctions sont fortement différenciées. Par la spécialisation, les individus sont obligés de développer leur personnalité individuelle.

 

 

(document 25 page 353 +  questions)

 

Le travail est aujourd’hui l’élément fondamental de l’intégration sociale, notamment au travers du salariat.

 

Grâce au travail, l’individu obtient un revenu, donc à des normes de consommation. Son emploi le positionnera aussi, de par les droits auxquels il va accéder, à un statut professionnel, ainsi qu’à des droits collectifs : congés payés, retraite, salaire minimum, protection sociale.

Enfin, le travail procure une identité sociale : l’accès à des réseaux de sociabilité et solidarité nouveaux, tels les syndicats, une communauté professionnelle, un comité d’entreprise, tout comme il constitue aussi une source de socialisation majeure, avec la famille dans l’acquisition des normes et valeurs de l’individu propices à son intégration.

 

Lire « question de cours » page 353

 


B – Un lien fragilisé entre travail et intégration sociale.

 

Pauvreté : Situation d’un individu qui n’a pas accès aux ressources jugées  essentielles, mesurée à partir de critères monétaires relatifs. Est considérée comme pauvre une personne ayant un revenu inférieur à un seuil de pauvreté donné, (selon l’Union Européenne, 60% du revenu médian).

 

Précarité : Situation d’emplois dont la durée n’est pas garantie et qui ne prend donc pas la forme de CDI. Il peut s’agir d’emplois en CDD, de stages, d’emplois d’apprentissage ou d’emplois aidés.

 

Malheureusement le chômage vient empêcher l’intégration sociale permise par le travail, et va même précipiter les individus vers la pauvreté. Pour les chômeurs de longue durée, la pauvreté, faute de revenu et d’intégration par la consommation, va même conduire à l’exclusion sociale, (logement, culture, loisirs, etc)

 

(documents 27, 28 30 et 31 pages 355 et 356 +  questions)


Se développent alors les formes particulières d’emplois, CDD notamment, auxquels s’ajoutent les formes flexibles des contrats de travail : les contrats à temps partiels : Jeunes bien-sûr, mais aussi femmes, et hommes de 30 à 49 ans font ainsi partie des bénéficiaires de ces « nouveaux » contrats, que ce soit dans les grandes entreprises ou les PME. Il découle de cette précarité un affaiblissement de l’intégration sociale, tant par la consommation, que par la sociabilité ou encore la protection sociale.

  

lire  « question de cours » page 355